Pédophile : un moine en procès à Rodez

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Pédophile : un moine en procès à Rodez
Le procès du frère Albert pour 38 agressions sexuelles sur mineur s'ouvre mercredi à Rodez@ MAXPPP
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Cette affaire d’attouchements implique toute une communauté religieuse, les Béatitudes.

Il a reconnu 38 agressions sexuelles sur des enfants. Le frère Albert, qui allait dans les différents domaines des Béatitudes pour partager sa foi, ne s’arrêterait pas là. Le religieux profitait également de ces séjours pour s’en prendre sexuellement aux enfants de la communauté. Mercredi s’ouvre son procès devant le tribunal correctionnel de Rodez.

Il se confie en 2008 par écrit

C’est dans un cahier que le frère Albert s’était confié en 2008. Avec une précision étonnante, il avait détaillé une cinquantaine d’agressions sexuelles depuis 1986 : des attouchements, des caresses. Mercredi, il va se retrouver devant le tribunal correctionnel de Rodez face à 9 de ses victimes. Un moment que le frère Albert attend, selon son avocate Me Elisabeth Rudelle-Vimini.

"Nous sommes devant une personne qui clame sa culpabilité et demande à ce qu’il reçoive punition de ce qu’il a fait pour que le statut des victimes soit reconnu", confie-t-elle à Europe 1.

"Les responsables n’ont rien fait pour l’empêcher"

Solveig a neuf ans quand elle rencontre le frère Albert et qu’elle subit les premiers attouchements. Des moments qui la hantent encore et qui la poussent à refuser que le frère Albert se pose en victime de ses pulsions.

"C’est faute avouée à moitié pardonnée. Finalement l’autre moitié, c’est pas de sa faute mais celle des responsables de la communauté qui n’ont rien fait pour l’en empêcher. Je pense que s’il avait ne serait-ce qu'un tout petit peu conscience du mal qu’il a pu nous faire, il ne présenterait pas les choses comme ça".

Solveig a porté plainte dès 2001 mais il aura fallu dix ans pour que le scandale éclate.

Une affaire étouffée

A plusieurs reprises, le religieux a tenté de prévenir ses supérieurs de ses penchants. Malheureusement, ces confessions n’ont pas eu de suite. Pour le père Jean-Baptiste Tison, qui a dénoncé très tôt les gestes du frère, la communauté des Beatitudes a tenté d’étouffer l’affaire.

"Dans l’étape de reconnaissance dans lequel elle était, certaines personnes dans l’église ont préféré faire la promotion de la communauté des Béatitudes plutôt que de prendre en compte ceux qui avaient été brimés", a-t-il confié au micro d’Europe 1.

Le procès doit durer jusqu’à jeudi soir. Le frère Albert encourt entre 7 et dix ans de prison.