Pavillons : les services sociaux se défendent

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Pavillons : les services sociaux se défendent
C'est dans le sous-sol de cette maison des Pavillons-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, que vivaient les deux frères.@ MAXPPP
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Ils avaient demandé le placement des deux enfants à maintes reprises depuis presque un an. Sans succès.

LE CALVAIRE. Deux frères, âgés de 10 et 12 ans, ont vécu trois ans d'enfer dans une maison des Pavillons-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Privés de nourriture et de soins, ils vivaient en sous-sol dans des conditions insalubres. Leur père et leur belle-mère ont été mis en examen samedi pour "violences sur mineur", "défaut de soins" et "privation d'aliments" puis placés en détention provisoire. Comment un tel drame a-t-il été possible alors que les services sociaux avaient été alertés et que les garçons étaient scolarisés ?  Le conseil général, qui suivait les enfants, est-il responsable ?

>> Europe 1 s'est rendu sur place à la rencontre des travailleurs sociaux de Pavillon-sous-Bois.

Deux à trois visites par semaine. Aux Pavillons-sous-Bois, les équipes de travailleurs sociaux de Sauvegarde de Seine-Saint-Denis, chargés de ce dossier, ne supportent pas que l'on remette en cause leur travail. Et pour cause : deux à trois fois par semaine, une éducatrice spécialisée, qui travaille en collaboration avec un neuropsychiatre et une assistante sociale,  se rendait au domicile de la famille pour une visite de plusieurs heures. Cette dernière s'occupait également de sortir les deux garçons, au restaurant par exemple,  pour qu'ils changent d'air. Selon les informations recueilles par Europe 1, cette éducatrice spécialisée serait très touchée par les derniers développements de  cette affaire. Elle n'aurait cependant "professionnellement, rien à se reprocher" selon Sauvegarde de Seine-Saint-Denis.

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Une demande de placement il y a un an. Cet organisme, qui gère les missions de protection de l'enfance pour le compte du conseil général de Seine-Saint-Denis, explique avoir fait une demande de placement pour les deux enfants dès mai 2012, il y a presque un an. Depuis, l’association affirme avoir renouvelé cette demande en janvier dernier. Puis, il y a trois semaines, début avril, cette même association assure avoir cette fois formulé une demande de placement d'urgence, compte-tenu de l'aggravation des conditions de vie des deux garçons. Un rapport rédigé en début d'année ferait également état de très graves problèmes d'insalubrité et de l'apparition de traces de violences de la part du père sur ses deux fils. Cela étant, les travailleurs sociaux nuancent quelque peu, auprès d'Europe 1, les précédentes descriptions relayées dans la presse. Ainsi, ils préfèrent évoquer une chambre en sous-sol plutôt qu'une cave et estiment que les deux garçons n'étaient pas mal nourris.

Pas de moyens et pas de places. Le constat est aussi simple que malheureux : depuis presque un an et la première demande, il n'a pas été possible d'obtenir une place convenable pour les enfants. Un travailleur social évoque "un problème français" : le manque de moyens conjugué au manque de place dans les foyers et les familles d'accueil. Pour sortir de l'enfer, le grand frère de 12 ans a dû pousser lui-même la porte d'un commissariat.