Pas-de-Calais : une association d'aide aux migrants menacée de poursuites

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Pas-de-Calais : une association d'aide aux migrants menacée de poursuites
Le campement de Norrent-Fontes. @ Capture d'écran - Facebook Terre d'errance.
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Les autorités reprochent à Terre d'errance une infraction au code de l'urbanisme, après la reconstruction d'une cabane dans un camp de migrants à Norrent-Fontes, près de Béthune. 

Quand une association d'aide aux migrants est menacée de poursuites pour infraction au code de l'urbanisme. L'affaire se situe à Norrent-Fontes, près de Béthune, dans le Pas-de-Calais. Une enquête a été ouverte contre l'association Terre d'errance. Le procureur de la République a été saisi. Les autorités reprochent à ces bénévoles d'avoir construit, sans autorisation, une cabane sur un camp de migrants.

L'association répond qu'il s'agissait en fait de reconstruire une maison de fortune détruite par un incendie dans ce camp situé sur un terrain mis à leur disposition par la municipalité depuis plusieurs années. Les membres de l'association dénoncent une manœuvre des autorités et estiment être poursuivis pour "délit de solidarité".

Un campement devenu indésirable. Sur place, ce ne sont que quelques palettes de bois et de bâches plastiques au milieu d'un champ. La cabane du camp de migrants a été reconstruite à l'identique de celle qui avait été détruite par un incendie au printemps dernier. Pour les militants associatifs, il s'agit du strict minimum pour mettre les réfugiés à l'abri de la pluie et du vent. Mais pour les autorités, ces baraquements, qui abritent 150 migrants, sont devenus indésirables. Deux bénévoles de Terre d'errance ont été convoqués à la gendarmerie la semaine dernière. Ils ont été entendus parce qu'on leur reproche une infraction au code de l'urbanisme.

Peine encourue : 75.000 euros d'amende et 3 mois de prison. Un prétexte ridicule selon Nan Suel, la présidente de l'association. "On nous poursuit tout simplement parce que l'on vient en aide aux réfugiés", assure-t-elle au micro d'Europe 1. "Qu'est-ce qui est le plus important ? Est-ce le plan local d'urbanisme, en plein champ, où cela ne dérange personne ? Ou bien est-ce de mettre des personnes à l'abri ?", lance la militante.  

"Les conditions de vie sur ce camp sont indignes. Il n'y a pas d'eau et pas d'électricité. Et quand des associations, des citoyens, veulent prendre soin de ces personnes en situation d'urgence vitale, on poursuit ceux qui se mobilisent… Il ne faut pas exagérer", déplore-t-elle. Les gendarmes ont expliqué à la présidente de l'association qu'elle risque en théorie 75.000 euros d'amende et trois mois de prison. Un peu gêné, le maire de la commune, qui avait lui-même signalé la construction de cette cabane, reconnaît aujourd'hui qu'il faudra bien trouver une solution pour abriter les réfugiés.