Paris : un homme agonise devant la salle de shoot de Lariboisière

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Paris : un homme agonise devant la salle de shoot de Lariboisière
L'homme se trouvait à proximité de l'hôpital mais n'a pas bénéficié des services de secours@ THOMAS SAMSON / AFP
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L'homme a été découvert sans vie à proximité de la structure réservée aux consommateurs de drogue, après une nuit passée sur le trottoir, devant l'hôpital Lariboisière.

Un homme a agonisé pendant une dizaine d'heures devant la salle de shoot de l'hôpital Lariboisière (Paris 10ème) dans la nuit du mardi au mercredi dernier, rapporte Le Parisien. Ni les services de secours ni l'association qui gère la salle de shoot ne lui seraient venus en aide.

Plusieurs appels aux secours en vain. Cet homme d'une quarantaine d'années a été découvert sans vie le matin du 13 juillet, devant la salle de shoot installée dans l'hôpital parisien depuis huit mois. Pourtant, selon les témoins interrogés par le quotidien, plusieurs personnes ont tenté de l'aider.

L'état de l'homme a semblé empiré dans la soirée du 12 juillet et des passants "ont composé le 17, en vain, puis le numéro de Gaïa [l'association qui gère la salle]...", raconte l'un d'eux. Selon ce témoin, les bras de l'homme portaient des traces de piqûres laissant penser qu'il se droguait par intraveineuse. 

Pas un consommateur connu de la salle de shoot. Pourtant Gaïa affirme que l'homme était "inconnu de leur structure" et qu'une équipe de maraude s'est bien rendue auprès de la victime qui "semblait alcoolisée". Selon un responsable, la victime ne souhaitait pas se rendre aux urgences et "son état, à ce moment-là, ne nécessitait pas une évacuation immédiate."

L'indignation des habitants. Chez les habitants du quartier, c'est l'indignation. Le témoin interrogé par Le Parisien dénonce des négligences : "Le lendemain matin seulement, c’est un homme mort qu'ont trouvé la police et le Samu. Son corps n'a été enlevé du trottoir qu'à midi. C'est ignoble. Indigne."

Pour les habitants de la rue Ambroise-Paré, il s'agit d'un nouveau signe que leurs conditions de vie se sont dégradées depuis l'ouverture de cette structure réservée aux drogués pour consommer dans un cadre sécurisé. "Nous nous sentons de plus en plus abandonnés, de mois en mois", a déclaré l'un d'entre eux au quotidien.