Paris suspects en handball : les compagnes des Karabatic à la barre

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Paris suspects en handball : les compagnes des Karabatic à la barre
Géraldine Pillet et "Jeny" Priez (au premier plan) lors de l'ouverture du procès, lundi 15 juin 2015, à Montpellier.@ PASCAL GUYOT / AFP
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JUSTICE - Mardi, ce sont les deux compagnes des handballeurs Luka et Nikola Karabatic, Jeny Priez et Géraldine Pillet qui devront s'expliquer devant les juges.

Ce sont les deux seules femmes parmi les 16 prévenus renvoyés dans cette affaire de paris suspects, autour du match Cesson-Montpellier qui aurait été truqué. Au deuxième jour du procès, mardi, les compagnes des deux frères Karabatic, ex-joueurs du MAHB, seront entendues par le tribunal correctionnel de Montpellier. Le procès qui va durer deux semaines rentre donc dans le vif des débats, après que les demandes de nullité de procédure avancées par les avocats de la défense, pour tenter d’obtenir le renvoi de l’affaire, ont été rejetées, lundi.

Une demande de renvoi rejetée

Mardi à l'ouverture de l'audience, les avocats de la défense ont de nouveau demandé le renvoi du procès. Revenant sur les incidents de lundi, ils ont répété que le président du tribunal avait rendu un "jugement", donc susceptible d'appel selon "l'article 507 du code de procédure pénal".

Mais en fin de matinée, le tribunal a rejeté cette lecture du code de procédure pénale, admettant que le tribunal avait "peut-être" rendu un jugement, mais qu'il n'empêchait pas le procès de continuer - sauf si une partie faisait immédiatement appel de ce jugement. Les compagnes des Karabatic devraient donc bien être entendues mardi après-midi.

"Jeny" a parié 4.500 euros en cash. Il y a d’abord, Jennifer Priez dite "Jeny", originaire de Montpellier. Petite amie de Luka Karabatic, cette animatrice de télévision est la première personne identifiée. Le matin du match Cesson-Montpellier, le 12 mai 2012, elle se présente dans le bar-tabac parisien La Gitane. Arborant une casquette et des lunettes de soleil, la jolie jeune femme parie pour 4.500 euros en liquide. Un geste qui ne passe pas inaperçu.

"Un sacré pactole pour Ibiza". Dans un sms à son compagnon, elle écrit : "J’ai l’impression d’être un bandit", tandis qu’elle évoque, dans un autre, le gain à venir : "Vous allez avoir un sacré pactole à Ibiza", faisant référence à la cagnotte des joueurs pour leurs vacances de fin de saison.

Géraldine joue le double de son salaire. Quant à Géraldine Pillet, la compagne du triple champion du monde Nikola Karabatic, elle mise 1.500 euros le même matin, à Montpellier. Pour cette employée d’un hôtel parisien, la somme représente le double de son salaire mensuel. La jeune femme expliquera aux enquêteurs que c’est elle qui, la veille, a téléchargé l’application de paris "Parions sport" sur le smartphone de Nikola, dédouanant ainsi son compagnon.

Elle mise contre l’équipe de son conjoint. Ce qui intrigue dans cette affaire, ce sont la simultanéité des paris et les échanges téléphoniques avec les joueurs, juste avant le match Cesson-Montpellier. Mais surtout, ce choix de Géraldine Pillet - qu’elle qualifie "d’intuitif" - de parier sur la défaite à la mi-temps de Montpellier, pourtant le club où jouait à l’époque son compagnon. Autant d’indices troublants sur lesquels elles seront interrogées, mardi, par le tribunal.