"Papy René" n'était "pas en danger"

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"Papy René" n'était "pas en danger"
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Le début de l’enquête est défavorable au retraité, qui a tiré sur deux jeunes filles, chez lui.

René Galinier restera en prison au moins jusqu’au 17 août. Ce septuagénaire est incarcéré pour avoir tiré au fusil de chasse jeudi dernier sur deux jeunes filles qui s’étaient introduites par effraction à son domicile de Nissan-lez-Ensérune (Hérault). Malgré la mise en place d’un comité de soutien et de la diffusion sur Internet d’un message d’un conseiller municipal UMP de Béziers pour appeler à la libération de celui qu’ils ont surnommé "papy René", le procureur de la République de Béziers reste inflexible, s'appuyant sur les premiers éléments de l'enquête.

"Au moment où il a fait usage de son arme à feu, Monsieur Galinier n’était pas précisément en danger", a expliqué Patrick Mathé dans les colonnes de Midi Libre. "En outre, ce jour-là, il n’avait personne à protéger ni ses enfants, ni sa femme… Pour autant, alors que les intruses étaient accroupies en train de fouiller dans ses affaires, il leur a tiré dessus quasiment à bout touchant avec un fusil de chasse. Et ce, à deux reprises, sans nécessité absolue, sachant que les deux jeunes victimes étaient dans deux pièces différentes de la maison."

"Mille autres solutions que de tirer"

Pour le magistrat, la légitime défense est donc difficilement envisageable. "Après étude approfondie du dossier, on se rend rapidement compte qu’on n’est malheureusement pas ici dans un cas de légitime défense. Monsieur Galinier avait, semble-t-il, mille autres solutions que de tirer en direction de ces deux jeunes femmes qui ne le menaçaient pas au moment où il a fait feu", a également estimé le procureur.

Le sort de René Galinier sera étudié mardi prochain par trois magistrats de la cour d’appel de la chambre d’instruction, qui statueront sur sa remise en liberté. Quant aux deux jeunes filles, elles sont toujours hospitalisées dans un état critique, l’une à Montpellier, l’autre à Béziers.

Et huit jours après, les enquêteurs, qui n'ont pas pu les interroger, ne savent toujours rien de l'identité des jeunes voleuses. Personne ne les a signalées disparues, et leurs empreintes digitales renvoient vers plusieurs fiches pour chacune, avec des noms et des dates de naissance systématiquement différents. Le mystère sur leur présence dans la maison du retraité reste entier.