Nancy : condamné à 18 ans pour avoir frappé mortellement son bébé de 2 mois

La mère de l'enfant, poursuivie pour non-dénonciation de mauvais traitements, a quant à elle été acquittée.
La mère de l'enfant, poursuivie pour non-dénonciation de mauvais traitements, a quant à elle été acquittée. © DAMIEN MEYER / AFP
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avec AFP
Un homme de 43 a été condamné vendredi à 18 ans de réclusion criminelle. En 2013, excédé par ses pleurs, il avait tué son bébé de deux mois en le frappant à coups de poings.

Un homme de 43 ans a été condamné vendredi à 18 ans de réclusion criminelle devant les assises à Nancy pour avoir tué son bébé de deux mois, en 2013, en le frappant à coups de poings parce qu'il était excédé par ses pleurs.

La mère acquittée. La cour a acquitté la mère de l'enfant, âgée de 29 ans, qui était poursuivie pour non-dénonciation de mauvais traitements. Les jurés ont suivi le représentant du ministère public, Alain Jomier, qui avait estimé que, bien que coupable à ses yeux, cette femme "purge déjà sa peine en ayant perdu son enfant".

Le couple connu des services sociaux. Le couple était connu des services sociaux pour ses problèmes de toxicomanie et le petit Noa avait dû être placé sous sevrage à sa naissance. Le 22 septembre 2013, alors qu'il venait de changer son fils de 2 mois, Benoît Reichhart avait réveillé sa compagne en lui présentant le bébé en arrêt cardio-respiratoire, lui expliquant qu'il avait fait une chute dans la salle de bain. La mère, Julie Schweitzer avait alors prévenu les secours qui n'avaient pu que constater le décès de l'enfant.

Le père a reconnu les faits. A l'issue des auditions, Benoît Reichhart avait fini par reconnaître avoir asséné des coups de poing à son fils, ne supportant plus ses pleurs. L'accusé avait expliqué aux "services médicaux sociaux être à bout de nerfs", a rappelé son avocat, Philippe Guillemard, sans chercher à déresponsabiliser son client qui, selon lui, "n'accuse ni les autres, ni les médicaments, ni l'héroïne" et a reconnu les faits.

Le rôle des services médico-sociaux au cœur des débats. Le rôle des services médico-sociaux, qui suivaient régulièrement l'enfant, a été au cœur des débats devant la cour d'assises. Le bébé présentait des traces rouges sur les membres plusieurs semaines avant son décès, pourtant "personne n'a pris la responsabilité de le protéger, ni les services sociaux, ni la famille", a souligné l'une des avocates de la partie civile, Frédérique Lemaire-Vuitton, estimant qu'il ne fallait pas banaliser la maltraitance. "Une claque sur une couche, c'est déjà de la maltraitance", a-t-elle ajouté.

Quant à la mère, "on veut lui reprocher de ne pas avoir vu ce que les services médico-sociaux auraient dû voir, alors même qu'elle n'était pas en capacité de s'occuper de son enfant", a déclaré l'une de ses avocates, Virginie Barbosa. "Personne n'a été capable de réunir toutes les pièces de ce puzzle d'intervenants, dont chacune était un signal d'alarme", s'est indignée l'autre avocate de la partie civile, Aline Vaissier-Catarame, selon laquelle "l'accusé est certes coupable, mais il était entouré de personnes qui auraient pu éviter ce crime".