"Mur des cons" : renvoi en procès confirmé pour la présidente du Syndicat de la magistrature

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"Mur des cons" : renvoi en procès confirmé pour la présidente du Syndicat de la magistrature
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Françoise Martres, la présidente du Syndicat de la magistrature (SM), sera renvoyée  pour injures dans l'affaire du "Mur des cons".

La justice a confirmé lundi le renvoi en correctionnelle de la présidente du Syndicat de la magistrature (SM) Françoise Martres pour injures dans l'affaire du "Mur des cons", ce trombinoscope maison qui avait suscité un tollé à droite en 2013.

Dans une première réaction à cette décision de la cour d'appel de Paris, le syndicat classé à gauche, qui espérait échapper à un procès, a dit attendre "avec sérénité l'audience qui établira qu'il n'a commis aucune infraction". Le SM a toujours affirmé qu'il n'avait pas souhaité que ce panneau soit rendu public.

Un tollé en 2013. Le 23 avril 2013, c'est le site internet Atlantico qui avait révélé l'existence de ce "Mur des cons", sur lequel étaient épinglés les portraits de nombreuses personnalités. Le site avait obtenu les images d'un journaliste de France 3, Clément Weill-Raynal, qui les avait filmées avec son téléphone portable le 5 avril en marge d'une interview de Françoise Martres dans les locaux du SM.

Parmi les politiques sur ce trombinoscope, Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Nadine Morano ou Christine Boutin. Mais le panneau comportait aussi des photos de magistrats, comme Philippe Courroye, des éditorialistes ou les intellectuels Alain Minc et Jacques Attali. 

Il avait suscité une vive polémique et des responsables du Front national et de l'UMP s'étaient emparé du sujet pour relancer le débat sur l'indépendance des magistrats. Des juges et avocats avaient au contraire dénoncé une instrumentalisation de l'affaire. Douze plaignants, dont le maire de Béziers Robert Ménard, le FN et des élus UMP avaient attaqué en justice.

Le syndicat de la Magistrature se défend. Pour se défendre, le syndicat avait qualifié le mur de "défouloir" et regretté la diffusion d'images captées à son insu "dans un lieu privé (...) qui n'est pas accessible au public". "Ces images ont été volées", a répété lundi Françoise Martres. "On ne peut pas considérer comme éditeur quelqu'un qui n'a pas voulu rendre public quelque chose", a expliqué la présidente du SM. 

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