Millau : une collégienne poignardée à mort

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Millau : une collégienne poignardée à mort
@ Max PPP
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Aude a été tuée d'une quinzaine de coups de couteau par un homme qui a été placé dans un service psychiatrique.

Y a-t-il eu une faille dans le suivi judiciaire du meurtrier présumé d'Aude ? C'est la question posée après le meurtre de l'adolescente de 14 ans, poignardée à mort, dans la nuit de vendredi à samedi, à Millau. Son meurtrier, un homme âgé de 28 ans, avait en effet été condamné à plusieurs. Il faisait d'ailleurs l'objet d'un suivi.

Les deux ados lui ouvrent la porte. Le drame est survenu vendredi, vers 23h30, dans une rue tranquille, non loin du centre-ville. Aude passait la soirée chez une amie, quand un homme, qui vivait juste au dessus, a sonné à la porte. Les deux jeunes filles, dont les parents s'étaient rendus au Téléthon, ont alors ouvert. Là, le suspect a tenu des propos "totalement incohérents", selon le procureur de la République de Montpellier. Le jeune homme est alors allé dans la cuisine pour se saisir d'un couteau. Pour un motif encore inconnu, il a foncé sur l'une des adolescentes et lui a porté une quinzaine de coups de couteau.

Pendant l'agression, l'amie d'Aude a pris la fuite avant d'appeler aussitôt les secours. "La police a fait aussi vite qu'elle a pu" mais à son arrivée "malheureusement, les coups avaient été portés. Aude est morte dans les minutes qui ont suivi" en dépit des gestes de réanimation tentés par les policiers, vite rejoints par les pompiers et le SAMU, a indiqué le procureur, Christophe Barret.

Des bougies déposées dans le parc de la mairie de Millau en hommage à Aude

© Max PPP

Plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. L'agresseur a été interpellé peu après par une patrouille de la Brigade anti-criminalité de Millau. Placé en garde à vue, le meurtrier a été hospitalisé d'office dans un service psychiatrique à l'issue de son examen par un expert. L'hospitalisation d'office a été décidée en raison de l'état mental "complètement délirant" et de la "dangerosité" de ce jeune homme sans emploi, qui a déjà séjourné plusieurs fois en hôpital psychiatrique. Son dernier séjour remonte au début de l'automne. Des problèmes psychologiques qui lui ont valu d'être condamné en 2006 à une peine de sursis pour des faits de violence avec arme, mais d'une gravité sans comparaison avec le drame de Millau.

Il faisait l'objet d'un suivi. Le suspect était également connu pour ses problèmes de toxicomanie. Pour ces raisons, il a été condamné en 2012 à une peine de sursis avec mise à l'épreuve pour conduite sous l'emprise de stupéfiant. Depuis, il faisait l'objet d'un suivi. Il devait notamment honorer ses rendez-vous avec un conseillé d'insertion et de probation et un médecin addictologue. Mais selon les spécialistes chargés de son suivi, le suspect ne s'est jamais fait remarquer pour sa violence. "A aucun moment il n'est apparu comme quelqu'un de violent", insiste le procureur de la République interrogé par Europe 1.

des scellées sur la porte du domicile où a été tuée Aude vendredi à Millau

© Max PPP

Des expertises psychiatriques à venir. Le dossier, traité dans un premier temps par le parquet de Rodez, a été confié au parquet de Montpellier, où se trouve le pôle de l'instruction. Une information judiciaire pour homicide volontaire devrait être ouverte lundi.

L'enquête devra s'attacher à éclaircir la personnalité de l'auteur présumé et les raisons de cette attaque contre une adolescente avec laquelle il n'avait aucune relation particulière. Son placement d'office en psychiatrie ne préjuge pas des suites judiciaires du dossier, souligne le procureur de Montpellier. Il appartiendra au juge d'instruction d'ordonner des expertises psychiatriques pour déterminer son niveau de responsabilité pénale au moment des faits.