Michel Neyret, un flic à l'ancienne

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Michel Neyret, un flic à l'ancienne
@ MAXPPP
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Le numéro deux de la police lyonnaise était considéré comme un "superflic", respecté par ses pairs.

L'arrestation et le placement en garde à vue de Michel Neyret, jeudi, a eu l'effet d'une bombe dans les rangs de la police nationale et lyonnaise. Dans son entourage professionnel, c'est la stupéfaction. "Je suis catastrophé, c'est un cataclysme", a réagi le directeur interrégional de la police judiciaire de Lyon, Claude Catto, dont Michel Neyret était l'adjoint.

"J'ai toujours eu pour ce policier un regard assez admiratif, c'est un homme franc, courageux et totalement dévoué à son métier (…) C'était un meneur d'hommes, un flic comme on se le représente", a confié au micro d'Europe 1 Me François St Pierre, ténor du barreau de Lyon, qui a souvent été confronté à Michel Neyret dans des affaires relevant des assises.

 "Il revendiquait d'être un homme de terrain, un opérationnel, son job c'était la poursuite des délinquants, j'avais une totale confiance", explique, amer, Jean-Olivier Viout, qui fut pendant sept ans procureur général de Lyon après avoir été pendant 20 ans avocat général.

"Un super-poulet, aimé et respecté"

Le numéro deux de la police lyonnaise était rangé dans la catégorie "superflic". Un flic à l'ancienne, qui n'a jamais hésité à aller au contact des voyous pour résoudre des affaires de drogue et de cambriolages de bijouteries dans la région lyonnaise. Michel Neyret s'était notamment distingué dans la célèbre affaire du convoyeur de fonds Toni Musulin.

Cheveux longs, barbe de trois jours, allure de play-boy, Michel Neyret aimait se mettre en scène dans les médias pour illustrer les succès de la police lyonnaise. Le 4 septembre, il avait notamment participé à l'émission Zone interdite, consacrée à la lutte contre le grand banditisme.

Michel Neyret dans la bande-annonce de Zone interdite :

Le directeur adjoint de la police judiciaire de Lyon s'est lié d'amitié avec un ancien flic devenu réalisateur, Olivier Marchal. Il l'avait conseillé pour son prochain film, Les Lyonnais, qui retrace les pérégrinations du gang des Lyonnais d'Edmond Vidal, une affaire sur laquelle Michel Neyret a travaillé. "Le bonhomme était un super-poulet, aimé et respecté de tous les flics de Lyon et de Paris […], avec des méthodes à l'ancienne qui ont prouvé leur efficacité", a commenté le cinéaste jeudi, sur RTL.

Des méthodes et des questions

Des méthodes à l'ancienne qui posent question. Sur France Info, vendredi matin, Sylvie Feuchère, secrétaire générale du SCHFPN, le syndicat des commissaires, a souligné que ce type de comportement, s'il était avéré, résultait d'une dérive liée aux relations entretenues dans le cadre du métier de policier. "La recherche de l'information va conduire à ce que les liaisons du domaine professionnel puissent devenir éventuellement personnelles, l'explication elle est là", a-t-elle dit.