Melun : "Joseph Scipilliti était parti dans une espèce de délire"

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Melun : "Joseph Scipilliti était parti dans une espèce de délire"
Joseph Scipilliti @ AFP
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Un ancien employeur de Joseph Scipilliti, l'avocat ayant tiré à trois reprises sur le bâtonnier du barreau de Melun, jeudi, raconte que l'homme était dépressif, qu'il se sentait persécuté.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

"Caractère entier, Joseph Scipilliti". Un homme avec qui il était "très difficile, parfois, de pouvoir communiquer". C'est ainsi que résume au micro d'Europe 1, un avocat ayant embauché Joseph Scipilliti, l'avocat ayant tiré trois fois sur le bâtonnier Henrique Vannier, jeudi matin devant le tribunal de Melun, en Seine-et-Marne, avant de retourner l'arme contre lui.

Des écrits "nauséabonds". "Il est parti dans une espèce de délire où ses opinions politiques ont pris le pas sur beaucoup de choses", raconte cet avocat, qui précise : "Les derniers mails que j'ai reçu de lui m'indisposaient parce qu'il y avait une littérature à laquelle je n'adhère pas du tout. J'ai lu des choses sur l'islam… c'était extrêmement mêlé, et surtout, c'était un peu nauséabond, pour ne pas dire franchement".

Proche de l'extrême droite, Joseph Scipilliti était notamment le défenseur de Riposte Laïque et Résistance Républicaine, dont il avait défendu en 2010 la fondatrice Christine Tasin, qui avait organisé un apéritif "saucisson-pinard" républicain "contre l'offensive islamiste".

Un sentiment de persécution omniprésent. "Il avait continuellement le sentiment d'être agressé. Tout ce qui le concernait pouvait aboutir à des écrits qui parfois étaient, me semble-t-il, excessifs, et qui surtout étaient distribués dans les boîtes aux lettres des confrères", poursuit cet avocat du barreau de Melun. "C'était quelqu'un qui vivait essentiellement seul et qui ne se livrait pas beaucoup."

"S'il y a bien quelqu'un qui a aidé Joseph Scipilliti, c'est le bâtonnier". Depuis octobre 2014, Joseph Scipilliti faisait l'objet de poursuites disciplinaires, notamment pour "des injures et des menaces" à l'encontre de sa victime, a déclaré Daniel Atzenhoffer, procureur adjoint de Melun. A ce titre une peine de trois ans d'interdiction d'exercer avait été prononcée contre lui en mai dernier.

Toujours est-il que, pour son ancien employeur, "s'il y a bien quelqu'un qui a aidé Joseph Scipilliti, c'est le bâtonnier. Rien, rien, rien, ne pouvait justifier une chose pareille, c'est sidérant". Le pronostic vital de Henrique Vannier, grièvement blessé, n'est plus engagé a annoncé jeudi après-midi le procureur adjoint de Melun.