Marina, morte après 6 ans de tortures

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Marina, morte après 6 ans de tortures
Le corps de Marina a été retrouvé enroulé dans un drap et enfermé dans 10 sacs poubelle.@ Maxppp
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Ses parents sont jugés par les assises de la Sarthe pour actes de torture et de barbarie.

Son calvaire a duré six ans. Eric et Virginie Sabatier comparaissent à partir de lundi devant les assises de la Sarthe pour actes de torture et barbarie sur leur fille Marina, morte en 2009.

Dès l’âge de 2 ans et demi, Marina, enfant non désirée, est victime des pires sévices. Coups à répétition, bains glacés et privation de nourriture. La fillette passe des nuits entières scotchée à son lit ou nue dans la cave.

"Ces maltraitances se sont déroulées sur fond d’alcoolisation massive et récurrente d’un couple pathogène", souligne sur Europe 1 l’avocat de la mère de Marina, Me Philippe Condé-Piquer. "Le point de départ, c’est cette maternité refusée. Ça répond à la question de savoir pourquoi Marina a été maltraitée et pas les autres enfants", ajoute l’avocat.  

Privée d'école jusqu'à ses 6 ans

Marina n'est allée à l’école qu’à l’âge de 6 ans. Scolarité en pointillée, faux certificat médicaux pour tenter de masquer les stigmates du calvaire. La famille déménage à cinq reprises en deux ans pour échapper aux services sociaux.

"Elle changeait de ville à l’intérieur d’un même département et elle changeait aussi de département", déplore le maire d’Ecommoy Sébastien Gouhier. "Il n’y avait pas de dispositif qui obligeait les départements à communiquer entre eux les dossiers", insiste l’élu.

Une fausse disparition

Mais le 9 septembre 2009, tout bascule. Eric Sabatier alerte la gendarmerie de la disparition de sa petite fille, sur le parking du Mac Donald de Saint-Saturnin dans la Sarthe. Au bout de trois jours de recherches, les enquêteurs découvrent des contradictions entre les versions des parents mais aussi des signalements de maltraitance de l'enfant. Dans le sous-sol d'une maison d'Ecommoy où le couple vivait avant de déménager à Lavardin, ils trouvent même des traces de sang.

Le corps enroulé de 10 sacs poubelles

Puis, les parents craquent. Le père amène les enquêteurs jusqu'au corps de la fillette, caché dans un local technique dans une caisse en plastique scellée et remplie de béton. Le corps est enroulé dans un drap et enfermé dans 10 sacs poubelle.

Les associations Enfance et partage, Innocence en danger, L'Enfant Bleu-Enfance maltraitée et La Voix de l'Enfant sont parties civiles dans ce procès. Plusieurs signalements sont en effet restés sans suite. Les parents de Marina encourent la réclusion à perpétuité.