Marie-Jeanne : le suspect a avoué

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Marie-Jeanne : le suspect a avoué
Le suspect a été interpellé en Espagne.L
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Le meurtrier présumé de la joggeuse, arrêté jeudi, a été mis en examen et écroué.

Un an après les faits, le principal suspect du meurtre de Marie-Jeanne, la joggeuse ardéchoise tuée à 17 ans, a été mis en examen pour "homicide volontaire" vendredi et écroué à Avignon. Ce jeune homme, un marginal de 20 ans, avait été arrêté en Espagne puis reconduit en France vendredi. Il a reconnu les faits et risque désormais une peine de 30 ans de prison à la réclusion criminelle.

"Il a reconnu avoir tué Marie-Jeanne seul et dit qu'il l'avait rencontrée de façon fortuite. Mais il n'est pas rentré dans les détails ni du meurtre, ni de ses motivations", a précisé Me Jean-Christophe Leroy, avocat des parents de la joggeuse.

Le procureur veut "rester prudent"

Le suspect a "fait des déclarations partielles sur sa responsabilité", a indiqué le procureur d'Avignon, Bernard Marchal. Il "s'est expliqué très brièvement et très rapidement, il était en contrition, il pleurait", a précisé le procureur.

"Nous avons un certain nombre d'éléments précis d'ordre médico-légal" avec notamment" son ADN découvert sur plusieurs éléments matériels en lien avec le crime", a-t-il dit. Face à ces éléments, "il y a eu des questions et des réponses", mais "il faut que des aveux soient circonstanciés", a-t-il fait valoir, affirmant "rester prudent".

Empreintes digitales

Selon les informations recueillies par Europe 1, A. Draoui a été interpellé jeudi après un contrôle dans le TER Perpignan-Portbou. Les contrôleurs, trouvant son comportement suspect, l'ont remis aux policiers espagnols. Desquels il était déjà connu. En mars dernier, le jeune homme avait en effet été interpellé une première fois par la police espagnole, cette fois-ci à Barcelone. Sans-papiers, il s'était fait passer pour un Russe. La police espagnole avait alors ordonné un arrêté d'expulsion.

Intrigués par cette affaire, les policiers espagnols ont alerté leurs collègues français. Grâce aux empreintes digitales d'A. Draoui, ces derniers se sont aperçus qu'un mandat d'arrêt international avait été émis à son encontre.

"Ce qui semble probable est qu'il prenait sans doute la fuite", a indiqué le procureur Marchal. "A-t-il bénéficié d'un soutien ou a-t-il vécu de façon encore plus marginale ? On ne sait pas", a-t-il par ailleurs ajouté.

Arrêté une première fois

Marie-Jeanne Meyer avait été assassinée le 18 juin 2011 alors qu'elle était partie faire un jogging. Le corps de la lycéenne de 17 ans avait été retrouvé trois jours plus tard, calciné, sur les hauteurs de Tournon.

A. Draoui avait été arrêté dans la Drôme le jour-même de la découverte du corps, après avoir agressé une commerçante. Mais il avait disparu à l'issue de sa garde à vue. Son ADN avait été retrouvé sur la scène de crime. Selon le colonel Emmanuel Josse, commandant du groupement de gendarmerie de l'Ardèche, l'homme vivait sur les lieux du crime, dans une zone boisée et escarpée de Tournon-sur-Rhône, où ont été retrouvés des éléments de couchage et des restes de repas.

Fin mai 2012, le père de la jeune fille avait fait part de sa colère devant le peu d'avancées de l'enquête.