Lyon : nouveau scandale dans la police

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Lyon : nouveau scandale dans la police
@ Capture Google Street View
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Sept policiers ont été interpellés mardi matin, pour des faits de corruption présumés.

Après l'affaire Neyret, c'est un nouveau scandale qui ébranle la police de la région lyonnaise. Une quinzaine de personnes, dont sept policiers, et deux délégués du procureur, ont été interpellées tôt mardi matin, autour de Lyon, révèle le journal Le Progrès. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a quant à lui évoqué sur BFMTV-RMC l'interpellation de "treize personnes, dont un certain nombre de policiers".

Ces policiers, la majorité en poste au sein du commissariat de Vénissieux, sont suspectés d'avoir entretenu des relations douteuses avec plusieurs trafiquants, membres d'une même famille. Les fonctionnaires ont été placés en garde à vue ainsi que deux membres de la famille et deux délégués du procureur, anciens fonctionnaires de police. Ces délégués sont des personnes mandatées par le parquet notamment pour notifier des mesures pénales, comme une injonction pour réparer un préjudice. L'un d'eux est l'ancien garde du corps de Charles Hernu, qui fut maire de Villeurbanne avant de devenir ministre de la Défense de François Mitterrand.

Des informations en échange de matériels

Les fonctionnaires, rattachés à la sécurité publique du Rhône, auraient rendu des services aux délinquants en échange d'avantages matériels. Les policiers sont suspectés d'avoir transmis des informations à la famille de Vénissieux."Il apparaît que ces fonctionnaires de police vont classer des contraventions, se renseigner sur des procédures et sur des enquêtes concernant cette famille ou des proches ou des amis de cette famille", a précisé la source judiciaire.

Ils auraient aussi entravé des procédures touchant la famille, connue des services de police et de justice pour des faits de trafic de stupéfiants, de violences volontaires, d'infraction en matière routière. En contrepartie, ces fonctionnaires auraient bénéficié de repas au restaurant, de téléphones, de véhicules et de matériel informatique, a encore indiqué la source judiciaire. Un échange de bons procédés qui durait depuis cinq ans.

Cette opération "gants propres" s'inscrit dans le cadre d'une enquête menée dans le plus grand secret depuis environ un an au tribunal de grande instance de Lyon. A la suite d'un témoignage anonyme en octobre 2011, une enquête a été ouverte pour des faits de corruption et trafic d'influence. Les investigations ont été entamées par les services de la sûreté départementale du Rhône, renforcés en co-saisine par la délégation interrégionale de Lyon de l'inspection générale de la police nationale (IGPN), précise encore le quotidien du soir.

Pas de lien avec l'affaire Neyret

Ces interpellations interviennent une semaine après la révocation de Michel Neyret. A l'automne 2011, la police lyonnaise avait en effet été secouée par cette affaire impliquant l’ex-n°2 de la police judiciaire locale. Ce dernier avait été mis en examen pour trafic de drogue et corruption avant d'être révoqué.

Une source judiciaire précise toutefois au Progrès que les deux affaires ne sont pas liées. "Il n’y a aucun rapport avec l’affaire Neyret, ce dossier est complètement distinct, il est mené par un juge de Lyon avec la volonté des autorités de mettre à jour des comportements présumés déviants".