Lycéen frappé par un policier : des jeunes jettent des projectiles sur deux commissariats

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Lycéen frappé par un policier : des jeunes jettent des projectiles sur deux commissariats
Image d'illustration
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Vendredi, des jeunes s'en sont pris à deux commissariats pour réagir au coup reçu par un lycéen, jeudi, de la part d'un policier, en marge d'une manifestation.

L'ESSENTIEL

Les commissariats du 10e et du 19e arrondissements de Paris ont été vendredi la cible de jets de pierres et de dégradations par des groupes de lycéens, qui dénonçaient le traitement subi la veille par un camarade, frappé par un policier. Une bande de jeunes a notamment jeté des pierres contre le commissariat du 19e et tenté de briser ses vitres blindées en se servant de planches en bois comme d'un bélier, alors que les policiers étaient retranchés à l'intérieur. Deux magasins ont également été pillés par une centaine de jeunes.

Les trois informations à retenir :

  • Deux commissariats parisiens ont été la cible de dégradations de la part de lycéens en réponse aux violences subies jeudi par l'un d'entre eux.

  • Une trentaine de policiers anti-émeute ont été mobilisés.

  • Le parquet de Paris a ouvert une enquête judiciaire.



"Mort aux flics". Au bout d'une dizaine de minutes, les jeunes ont quitté les lieux, et une trentaine de policiers en tenue anti-émeute ont pris place devant le bâtiment, dont plusieurs vitres sont fendillées, et sur la façade duquel a été tagué le slogan "Mort aux flics". Le sol était jonché de débris et d'amas de barrières métalliques et de planches en bois. Peu avant, un groupe de plusieurs dizaines de jeunes s'était rendu devant le commissariat central du 10e arrondissement parisien, brûlant des fumigènes, renversant des poubelles et des barrières et jetant des projectiles contre la façade du bâtiment. Le commissariat du 19e arrondissement a fermé après les incidents causés par des groupes de lycéens, a-t-on appris de source policière.

Deux magasins pillés par une centaine de jeunes. Selon Metronews, qui s'est procuré une vidéo de la scène, deux magasins Franprix ont également été pillés par une centaine de jeunes. Sur les images, on aperçoit les adolescents entrés massivement dans le commerce. Une jeune fille concède au site d'information : "sur le chemin du retour du commissariat, des casseurs étaient là. Ils ont tenu les grilles du Franprix et nous ont dit d'aller voler. En ressortant, on est allé distribuer la nourriture aux réfugiés de la Place Stalingrad. Bon, c'est vrai, on en a gardé un peu pour nous".

Une enquête judiciaire ouverte. Une délégation d'élèves du lycée Bergson, des représentants de l'organisation lycéenne Fidl, du rectorat de Paris, de la préfecture et le proviseur de l'établissement se sont réunis en début de matinée pour évoquer les événements de jeudi. Le parquet de Paris a ouvert une enquête judiciaire, confiée à l'inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", après la diffusion sur les réseaux sociaux de la vidéo montrant le policier frappant le jeune.

Le ministre promet des sanctions. "Ces images sont choquantes et m'ont choqué", a réagi Bernard Cazeneuve. "Les femmes et les hommes qui composent les forces de l'ordre doivent absolument être exemplaires, à chaque instant irréprochables", a déclaré le ministre de l'Intérieur lors d'un déplacement à Marseille vendredi. "Je ne tolérerai jamais aucun écart par rapport à la règle de droit car celles et ceux qui outrepassent leurs prérogatives doivent être sanctionnés avec la plus grande fermeté", a-t-il ajouté. Le préfet de police de Paris, Michel Cadot, s'est également dit vendredi "choqué". "S'il y a eu une faute, elle sera sanctionnée", a-t-il assuré.

Audition des protagonistes. Le fonctionnaire de police sera auditionné vendredi après-midi. Auditionné jeudi, le lycéen concerné, âgé de 15 ans, a témoigné vendredi sur différents médias, disant ressentir "un sentiment d'injustice". "On était en train de manifester et on a jeté des œufs. Il y a un policier qui s'en est pris un dans la tête. [...] Il y en a un, il m'a foncé dessus. Il m'a frappé à terre, après il m'a dit 'lève-toi, lève-toi' et il m'a mis un poing. Je l'ai senti passer, j'avais la tête qui tournait", a-t-il raconté.