Les entreprises dévastées par les inondations s’inquiètent

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Les entreprises dévastées par les inondations s’inquiètent
Des voitures enchevétrées après les inondations à Cannes. @ JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET / AFP
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Les entreprises touchées par la montée des eaux sur la Côte d’Azur, commencent à réaliser les dégâts à long terme sur leur chiffre d’affaires.

Près d'une semaine après les inondations sur la Côte d'Azur, le Conseil départemental des Alpes-Maritimes a décidé de débloquer une aide exceptionnelle de 10 millions d'euros pour les sinistrés. La somme sera répartie entre les particuliers, les communes et les entreprises. Ces dernières sont très nombreuses à avoir été touchées par la montée des eaux. Elles tentent de s'organiser pour redémarrer, mais l'inquiétude est grande.

>> Europe 1 s’est rendu dans la zone d'activité de Cannes-Bocca qui regroupe 200 entreprises toutes victimes des inondations.

"200.000 euros de moins mensuellement". L’écho qui résonne dans ce hall vide résume à lui seul l’ampleur du cataclysme. Dans ces 3.000 mètres carrés, il y avait des dizaines de salle de bains et meubles exposés. L’enseigne Balitrand emploie près de 450 personnes à Cannes. Aujourd’hui, le patron Jean-Luc Panetta sait qu’il va perdre presque un million d’euros.

"Tout ce qui était exposé c’était soit du tissu, soit du bois, donc il n’y a vraiment rien qui est récupérable sur le rez-de-chaussée. C’était plutôt des produits milieu et haut-de-gamme donc si on veut maintenir derrière il faudra trois à quatre mois avant de redessiner quelque chose qui soit à la hauteur de ce que nous avions par le passé. Ça représente à peu près 200.000 euros de moins mensuellement pendant quatre mois", déplore-t-il au micro d’Europe 1.

"80% de stock à jeter". La vague d’un mètre de boue a déferlé sur toute la zone d’activité. Une avenue de 200 entreprises sinistrées où les bennes à ordures ont pris la place des camions de livraison. Le seul magasin qui a l’air intact est celui de peinture, où Corine Fabre a nettoyé et rangé tous les pots, pour rien. "Le problème de la peinture, c’est que lorsqu’elle prend l’eau, une bactérie se met au bout de six mois. On ne pourra pas appliquer la peinture sur les murs. Donc on a pratiquement 80% de stock à jeter. En plus, à ce jour, on n’a toujours pas d’électricité, donc pas de téléphone, pas d’Internet. On ne peut rien faire", s’alarme-t-elle.

La chambre de commerce et d’industrie de la Cote d’Azur estime que dans la région 1.800 entreprises ont été inondées et 10.000 emplois sont menacés.