Les cavales finissent mal, en général

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Les cavales finissent mal, en général
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Ferrara, Khider, Payet... tous se sont évadés de manière spectaculaire, avant d'être rattrapés.

Il est l'homme le plus recherché de France. Redoine Faïd, qui s'est échappé samedi de la prison de Seuqedin, près de Lille, est toujours en cavale. A ses trousses, une centaine de policiers. Selon les enquêteurs, il serait en possession d'une arme et aurait peut-être franchi la frontière belge. Mais cette évasion spectaculaire est loin d'être une première et généralement, elles finissent mal.

Ferrara et "l'évasion du siècle". On retiendra notamment l'évasion à grand fracas d'Antonio Ferrara, en 2003, à Fresnes. Un commando paramilitaire avait attaqué la prison à l'explosif et à l'arme lourde. Ses complices avaient alors bloqué les rues avoisinantes en brandissant des brassards de police. Une débauche de moyens qui n'avait pas servi à grand chose. Malgré tous ses soutiens, tous ses amis, Antonio Ferrara a été repris quatre mois plus tard.

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Ferrara procès

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Khider et la tactique du parloir. Ces jours-ci, Christophe Khider et Omar Top el Hedj sont jugés pour leur évasion, en 2009, de la prison centrale de Moulins-Yzeure, l'une des plus sécurisées de France. Comme Redoine Faïd, ils ont profité d'un parloir pour "s'arracher". Les deux hommes ont pris un surveillant en otage avant de faire sauter la porte du sas qui menait vers l'extérieur. Les explosifs auraient été apportés lors des précédentes visites de la compagne de Christophe Khider et de la concubine d'un codétenu. Une évasion spectaculaire, pour une cavale qui a duré moins de 48 heures.

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Payet, deux évasions par hélicoptère. Même chose pour Pascal Payet, le 12 octobre 2001. Il se fait "la belle" avec un codétenu. Une évasion digne des plus grands films de gangsters : par hélicoptère. Cette fois, aucun coup de feu n’est tiré et personne n’est blessé. Il est interpellé un an plus tard. Quelques années après, rebelote. Pascal Payet est extrait du quartier d’isolement de Grasse par hélicoptère. Cette fois, la cavale sera brève. Il est arrêté à Mataro au nord de Barcelone, en Espagne, le 21 septembre 2007.

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"Cinq fois évadés, cinq fois repris". C’est ainsi qu’est connu Michel Vaujour. En 1984, le braqueur vient de se faire la belle pour la quatrième fois. En 1986, il s'évadera encore de la prison de la Santé avec un hélicoptère piloté par son épouse. Il sera repris quelques mois plus tard au cours d'un braquage. Blessé par balle à la tête, il sortira du coma hémiplégique.

Pourquoi ça se termine mal ? On dénombre chaque année en France une dizaine d'évasions et bien souvent, les plus spectaculaires, les plus médiatisées, se terminent par l'arrestation des fugitifs. L'émotion provoquée dans l'opinion publique, la pression mise par le gouvernement, sont telles que tous les moyens sont mobilisés, dans la police et la gendarmerie, pour mettre la main sur le fuyard. Le problème d'une manière générale, c'est qu'une cavale coûte cher. Il faut régulièrement changer de planque, trouver une voiture et des faux papiers. En clair : bénéficier d'un réseau de complices solides et avoir de l'argent.  Pour en trouver, les braqueurs remontent généralement aux braquages, et reprennent des risques. Le risque de se faire à nouveau attraper.