Le violeur présumé de leur fille pourrait échapper à son procès
© CAPTURE D'ECRAN FRANCE 3

TEMOIGNAGE E1 -Les parents de Maëlle, violée à 5 ans, craignent que l'homme soit reconnu irresponsable. Ils ont écrit à François Hollande.

L'actu. Les parents de Maëlle en sont persuadés : la décision a déjà été prise. Rodolphe et Céline Bressat attendent néanmoins avec impatience de savoir si l'homme, soupçonné d'avoir violé leur fille en 2011 alors qu'elle avait 5 ans, sera reconnu irresponsable. La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Lyon rend sa décision vendredi. Mais quelle que soit l'issue, les Bressat ont d'ores et déjà écrit à François Hollande.

>> Mise à jour : Le parquet général de Lyon a requis vendredi l'irresponsabilité pénale du suspect.  La chambre de l'instruction de la cour d'appel a mis sa décision en délibéré au 22 novembre. Si elle suit les réquisitions, le suspect de 41 ans ne sera pas renvoyé devant une cour d'assises, mais hospitalisé.

L'histoire. Le 12 juin 2011, Maëlle est enlevée juste devant la maison de ses parents alors qu'elle faisait du vélo. Son rapt ne durera que cinq heures, mais son ravisseur la viole. Arrêté peu après, il reste mutique. Différents psychiatres ont estimé que son discernement était aboli au moment des faits. Selon eux, il souffrait de schizophrénie.

Une décision "déjà pliée". Impensable pour les parents de Maëlle, qui ont fait appel de ces expertises. La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Lyon a donc été saisie. Elle doit rendre son jugement vendredi mais Rodolphe et Céline Bressat sont persuadés que le tribunal confirmera l'irresponsabilité. "On a vraiment le sentiment que c'est une audience pour la forme, histoire de dire qu'on l'a fait, mais qu'en gros c'est déjà plié", regrette le père de famille sur Europe 1. "On est plus qu'en colère, parce que si la décision d'irresponsabilité est confirmée, derrière c'est le néant total", ajoute-t-il.


Le suspect avant la victime. Si la cour d'appel validait l'irresponsabilité du suspect, il ne pourrait pas être jugé. "Aujourd'hui dans notre affaire, on a le sentiment que tout a été fait pour s'intéresser au bien du mis en cause, limite on cherche à l'excuser pénalement. Depuis trois ans et demi, à part trois courriers tout le monde se fiche de savoir comment va ma fille", dénonce Rodolphe Bressat. "Il faut ramener les choses dans l'ordre, on a une petite fille de cinq ans qui a été victime d'actes ignobles et nous on a pris perpette", poursuit-il au micro d'Europe 1.

Une lettre à Hollande. Les parents de Maëlle ont donc écrit à François Hollande. "Dans notre pays, quand on fait un excès de vitesse, on est condamné, quand on ne paye pas ses impôts, on est condamné. En revanche, quand on enlève et viole une petite fille, on est irresponsable et donc non condamnable", accusent-ils. "Comment pouvez-vous cautionner une société qui ne protège pas ses enfants. Comment cautionner une société qui sous couvert d'un dogmatisme libertaire fait le choix de ne pas sanctionner des individus soit disant 'malades'", conclut-ils.