Le verdict contre un ancien garde d'Auschwitz attendu vendredi

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Le verdict contre un ancien garde d'Auschwitz attendu vendredi
@ BERND THISSEN / POOL / AFP
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Reinhold Hanning encourt trois à quinze ans d'emprisonnement pour "complicité" dans la mort d'au moins 100.000 Juifs.

Soixante et onze ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale, la justice allemande rend vendredi son verdict contre Reinhold Hanning, un ex-gardien d'Auschwitz, qui pourrait être le dernier condamné pour les crimes nazis. Quelque 1,1 million de personnes ont péri entre 1940 et 1945 à Auschwitz-Birkenau. Au total, six millions de Juifs ont été exterminés par les nazis.

"J'ai honte". "J'ai honte d'avoir laissé cette injustice se produire et de ne rien avoir fait pour l'empêcher", avait déclaré l'ancien SS de 94 ans dans une confession lue à l'audience par ses avocats, rompant avec des décennies de silence. Le tribunal de Detmold (ouest) annoncera sa décision à 12h00 dans la salle des pas perdus du bâtiment, exceptionnellement reconvertie en salle d'audience en raison de l'affluence médiatique et de la présence de parties civiles venues des Etats-Unis, du Canada ou d'Israël.

"Un grand pas, même tardif". Pour les survivants de la Shoah et les descendants des victimes, ce procès marque "un grand pas, même tardif" dans "l'examen complet des meurtres de masse à Auschwitz", soulignent leurs avocats dans un communiqué. Il s'agit pour la justice de sanctionner pour la première fois le rôle d'un SS dans "les différentes formes" de l'extermination, allant des chambres à gaz aux exécutions sommaires et au meurtre "par les conditions de vie", notamment la sous-alimentation, rappellent-ils.

Une vie de silence. Jeune ouvrier dans une usine de vélo, engagé à 18 ans dans les Waffen SS, Hanning avait combattu aux Pays-Bas, dans les Balkans et sur le front russe. Blessé, il avait été transféré début 1942 à Auschwitz dans l'unité Totenkopf (tête de mort). Sans prendre la parole, l'accusé a écouté avec attention les récits poignants des anciens déportés, puis a confié à ses avocats 25 pages de confession. "Je n'ai jamais pu parler de mon expérience à Auschwitz avec d'autres personnes. Ni à ma femme, ni à mes enfants, ni à mes petits-enfants", a expliqué l'ex-soldat, devenu laitier-fromager après guerre.