Le père de Bastien, tué dans un lave-linge, "ne se souvient de rien"

  • A
  • A
Le père de Bastien, tué dans un lave-linge, "ne se souvient de rien"
@ MARTIN BUREAU / AFP
Partagez sur :

COMPTE RENDU - Le procès pour meurtre du petit garçon mort en 2011 s'est ouvert mardi avec l'audition de la mère et du père de l'enfant. 

Quelques mots mais pas d'explications. Devant les assises de Seine-et-Marne, mardi, le père du petit Bastien, accusé d'avoir tué son fils en l'enfermant dans un lave-linge, a affirmé ne se souvenir de rien tandis que son ex-femme récusait toute "complicité". 

L'"amnésie" du père. Même lorsque la présidente de la cour lui demande de décliner son âge et sa profession, Christophe Champenois, 37 ans, peine à répondre et bredouille, la voix pâteuse. Il ne sera pas plus disert lorsqu'il sera interrogé sur la journée du 25 novembre 2011, journée au cours de laquelle il est accusé d'avoir tué son fils de trois ans en le mettant dans la machine à laver pour le punir à cause de ses "bêtises à l'école".

"Pour le moment, je ne me souviens de rien du tout", a-t-il déclaré devant les jurés. Son geste, après avoir beaucoup changé de version lors de ses dépositions, Christophe Champenois l'a mis sur le compte de la "surdose" médicamenteuse. Condamné pour violences conjugales, le père de Bastien s'était rendu aux urgences psychiatriques un mois avant le drame, ont appris les jurés mardi.

La veille de l'irréparable, il avait laissé un message sur le répondeur du travailleur social qui le suivait disant qu'il allait balancer son fils par la fenêtre même s'il risquait quinze ans de prison. Un message que le destinataire n'entendra que bien après les faits, à son retour de congés. A la barre mardi, le père de Bastien qui n'avait pas eu le droit d'assister à l'enterrement de son fils a dit comprendre qu'on lui ait refusé cette requête.

La mère nie toute complicité. Poursuivie pour complicité de meurtre et violences, Charlène Cotte, 29 ans, la mère de Bastien, a été à peine plus loquace que son ex-compagnon. Elle a expliqué devant la cour que Bastien, contrairement à sa sœur aînée, n'était pas un enfant désiré. Lorsque Christophe Champenois a placé l'enfant dans la machine à laver, elle a affirmé avoir essayé de s'interposer. "Pour moi, il n'y a pas de complicité", a-t-elle fait valoir mardi au premier jour du procès.

Pendant que la machine tournait, tandis que Christophe Champenois surfait sur internet, elle avait fait un puzzle avec sa fille, avait-elle raconté aux enquêteurs, ajoutant qu'elle avait entendu son fils crier pendant 5 minutes. Les enquêteurs ont établi que Bastien était resté au moins une demi-heure dans la machine.

Le jour où les parents ont basculé. La famille de Bastien était suivie depuis 2006 par les services sociaux. Trois "signalements de mineur en danger" et neuf "informations préoccupantes" avait été effectués par divers intervenants avant le drame. L'instruction a permis d'établir que le garçonnet aux boucles blondes était régulièrement battu par son père, gros consommateur de cannabis et d'alcool, qui avait aussi pour habitude de l'enfermer dans un placard.

Le 28 novembre 2011 en fin de journée, la maltraitance a basculé dans l'horreur : ce jour-là, le Samu de Seine-et-Marne reçoit un appel de Christophe Champenois, qui explique qu'il a un "petit souci" car son fils de 3 ans est tombé dans les escaliers. Il ajoute qu'il lui a donné un bain pour le rafraîchir et qu'il a dû se noyer car de l'eau sort de sa bouche.

C'est de la bouche de la soeur aînée de Bastien, âgée de 5 ans, que le médecin soupçonnera le pire : "papa a mis Bastien dans la machine à laver car il fait des bêtises à l'école". Quant à la mère, elle soutient pendant sa garde à vue avoir vu son compagnon placer le petit dans la machine - une 5-6 kg dont le chargement se faisait par le haut - puis avoir mis la machine en route. D'abord en mode essorage, puis en mode lavage.