Assaut à Saint-Denis : le patron du Raid raconte "une intervention de type guerre"

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Jean-Michel Fauvergue, invité d'Europe 1 Midi, est revenu sur l'assaut de mercredi matin, à Saint-Denis. 

"Ça a été une intervention hors norme, très périlleuse, de type guerre", a commenté jeudi sur Europe 1 Jean-Michel Fauvergue, patron du Raid, interrogé sur l'assaut mené contre plusieurs terroristes, mercredi à Saint-Denis.

"Sur le troisième mort, je suis prudent". Le Raid est arrivé vers 3h30 sur les lieux. La police les avait informés de la présence de trois personnes, dont une femme, dans un appartement de cette ville de la banlieue nord-parisienne. Jean-Michel Fauvergue confirme l'arrestation de huit personnes et la mort d'au moins deux terroristes. Quid d'un troisième, évoqué par certaines sources ? "Sur le troisième mort, je suis très prudent. Mes 'snipers' me disent avoir touché deux fois, deux individus différents. Mais dans le feu de l'action, il peut y avoir des confusions", raconte le patron du Raid.


Assaut à Saint-Denis : le patron du Raid...par Europe1fr

"Beaucoup, beaucoup de balles tirées". Les forces de l'ordre sont intervenues avec la "quasi-certitude" que les terroristes étaient équipés de ceintures explosives. Sur place, elles se sont aperçues qu'il y avait bien plus. "Il y avait deux ou trois kalachnikovs, des grenades. Mais ce n'est pas un arsenal considérable. Ce qui était effarant, c'était le nombre de munitions. Il y a eu beaucoup, beaucoup de balles tirées", explique Jean-Michel Fauvergue.

Ce dernier explique aussi que la tentative de faire exploser la porte n'a pas eu l'effet "sidérant" escompté sur les terroristes. "Ça a échoué, ils n'ont pas été pris par surprise". Au total, 5.000 balles furent tirées et l'opération ne s'est soldée par aucun mort côté police. Selon le patron du Raid, d'ailleurs, l'assaut à Saint-Denis fut moins épuisant "psychologiquement" que celui du Bataclan

L'attaque chimique ? "On s'y prépare depuis longtemps". Jean-Michel Fauvergue est également revenu sur la phrase de Manuel Valls, qui a déclaré jeudi à l'Assemblée : "Je le dis bien sûr avec toutes les précautions qui s'imposent mais nous savons et nous l'avons à l'esprit. Il peut y avoir aussi le risque d'armes chimiques ou bactériologiques". Réponse du patron du Raid : "on l'entend depuis longtemps et on s'entraîne depuis longtemps. La Police nationale est particulièrement armée dessus. Il existe un groupe d'intervention interministériel (qui regroupe donc la gendarmerie) qui est spécialisé dans ces questions, et dans les questions nucléaires".