Le lycéen juif agressé sort du silence

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Le lycéen juif agressé sort du silence
"Seul l'un des deux a fait référence à mon judaïsme", a déclaré le jeune homme de 17 ans.@ MAXPPP
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Dans une interview au Progrès, l'étudiant de 17 ans évoque une référence à son judaïsme.

Le jeune homme agressé mercredi soir dans un train entre Toulouse et Lyon s'est confié au journal Le Progrès. Dans une interview au journal local, le lycéen de confession juive confirme jeudi qu'il a bien été victime d'une agression antisémite. L'un de ses agresseurs aurait en effet "fait référence à son judaïsme".

"Je sentais une tension"

"Seul l'un des deux a fait référence à mon judaïsme", a déclaré le jeune homme de 17 ans. "J'avais pris le train de Toulouse hier en début d'après-midi. Tout allait bien jusqu'à la correspondance à Montpellier. Dans la voiture, il y avait deux jeunes âgés d'une vingtaine d'années. Ils parlaient fort et je sentais une tension", indique-t-il, à sa sortie de l'hôpital.

Alors qu'il passe un coup de téléphone à son frère, "qui a un prénom juif", l'un d'eux lui demande de "fermer ma gueule" et l'"insulte", selon ses propres dires. "Il me demande de le suivre sur la plateforme. Je m'exécute, pensant que nous allons avoir une simple explication. C'est alors qu'il commence à me frapper. Il est ensuite rejoint par son ami. Durant la bagarre, seul l'un des deux a fait référence à mon judaïsme", rapporte-il encore.

Pas de médaillon distinctif

Dans le quotidien, le jeune homme affirme également qu'il ne portait pas d'étoile de David, mais simplement "une médaille non distinctive". "C'est intolérable. Ils étaient sur la plateforme et ils l'ont mis dans les toilettes avant de lui donner des coups", précise le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, qui a pu s'entretenir avec la famille de la victime.

L'intervention d'un passager ainsi que du contrôleur a permis de mettre fin à la scène de violence. A l'arrêt du train en gare de Valence, la police ferroviaire, prévenue par le contrôleur, est intervenue. Comme le jeune homme n'a pas souhaité déposer plainte directement, les fonctionnaires se sont contentés de relever l'identité des deux agresseurs. Transporté à l'hôpital, le lycéen s'est vu délivrer un arrêt de travail de huit jours. Il a porté plainte dans la nuit au commissariat de Lyon.

Selon les informations de Paris Match, la victime, scolarisée au lycée juif Ozar Hatorah de Toulouse, se trouvait dans l'établissement le 19 mars dernier lorsque Mohamed Merah a abattu trois enfants et un enseignant. Il se trouvait juste à côté de la fillette tuée et a même tenté de ranimer le petit garçon de trois ans en lui faisant du bouche-à-bouche, assure Paris Match.