L'avocat de Salah Abdeslam a porté plainte contre le procureur de Paris

  • A
  • A
L'avocat de Salah Abdeslam a porté plainte contre le procureur de Paris
François Molins, procureur de Paris.@ ALAIN JOCARD / AFP
Partagez sur :

Sven Mary, l'avocat du terroriste présumé, estime que le secret de l'instruction a été brisé par les déclarations de François Molins.

Sven Mary, l'avocat du suspect-clé des attentats de Paris Salah Abdeslam, a porté plainte "avec constitution de partie civile" contre le procureur de Paris, François Molins, pour violation du secret de l'instruction, a indiqué vendredi le parquet de Bruxelles.

Violation de l'instruction. "Une plainte, avec constitution de partie civile, a été déposée hier (jeudi) devant un juge d'instruction pour violation de l'instruction", a déclaré un porte-parole du parquet de la capitale belge, Denis Goeman. En droit belge, une plainte avec constitution de partie civile entraîne automatiquement la saisine d'un juge d'instruction, qui effectuera une enquête à charge et à décharge. A l'issue de celle-ci, c'est une juridiction d'instruction, la chambre du conseil, qui décidera si la plainte débouche sur un non-lieu ou l'affaire doit être renvoyée devant un tribunal.

Le procureur se dit "serein". Le procureur de Paris avait annoncé le 19 mars que Salah Abdeslam, arrêté la veille à Bruxelles, avait déclaré aux enquêteurs belges qu'il "voulait se faire exploser au Stade de France" à Saint-Denis le soir des attentats, avant de faire "machine arrière". Le 20 mars, Sven Mary s'était insurgé contre ces déclarations estimant que "la lecture d'une partie de l'audition de M. Abdeslam en conférence de presse constitu(ait) une violation" du secret de l'instruction. Le lendemain, François Molins s'était dit "très serein sur cette question", lors d'une conférence de presse à Bruxelles avec le procureur fédéral belge. Le procureur de Paris avait rappelé que le code de procédure pénale "portait le principe de secret de l'enquête et de l'instruction mais autorise le procureur à rendre publics des éléments objectifs tirés de la procédure". "Je pense que c'est ce que j'ai fait", avait-il argué.