L'accident du TGV Est probablement dû à une erreur humaine

Accident rame d'essai TGV Est (1280x640)
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M.S.
Un cadre de la SNCF, qui supervisait l'essai ferroviaire, ne se serait pas conformé à la feuille de route initiale.

L’accident de la rame d’essai du TGV Est le 14 novembre pourrait être dû à une mauvaise décision du cadre chargé de superviser le conducteur du train, selon Le Parisien. Onze personnes avaient été tuées et 42 blessés au cours de ce déraillement à Eckwersheim, dans le Bas-Rhin, qui est la pire catastrophe ferroviaire de ces 25 dernières années. La SNCF a réuni les victimes et leurs proches pour la première fois samedi.

Un changement par rapport à la feuille de route initiale. Le quotidien, qui a eu accès à des documents liés à l’enquête, s’interroge samedi sur le rôle de ce cadre transport traction dans la catastrophe. Il était déjà établi que le TGV a déraillé à cause d’une vitesse excessive, due à un freinage tardif. Mais ce cheminot, dont le rôle est essentiel dans les essais et qui se trouvait dans la cabine de commande au moment de la catastrophe, a expliqué aux gendarmes qu’il n’avait pas respecté la feuille de route initiale. Il a décidé de repousser le point de freinage d’un kilomètre.

Pour quelle raison ? Il a affirmé aux gendarmes s’être basé sur l’essai aller, qui s’était "bien passé". "On avait même beaucoup de marge. (...) On avait déjà atteint la vitesse de 160 km/h après seulement 2 km, alors que nous étions partis sur une distance de 4 km pour réduire notre vitesse." Conséquence : le train a déraillé alors qu’il roulait à 243 km/h, au lieu de 176 km/h. Le conducteur, quand il s’en est rendu compte, a "serré au maximum les freins", mais il était déjà trop tard. Le BEA-TT (Bureau d'enquêtes sur les accidents de transports terrestre) s’interroge également sur l’organisation générale de l’essai et sur la gestion des risques par la SNCF.