La "terreur de Limoges" a été arrêtée

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La "terreur de Limoges" a été arrêtée
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L'adolescent de 13 ans, soupçonné d'agressions violentes, s'était évadé deux fois en 24 heures.

L'info. Il s'était échappé du tribunal de Limoges où il devait être jugé, avant d'être rattrapé peu après, mais avait de nouveau faussé compagnie à ses éducateurs le lendemain. Surnommé "la terreur de Limoges", un adolescent de 13 ans, soupçonné d'avoir commis une vingtaine d'agressions souvent violentes pour voler des téléphones portables ou de l'argent, a finalement été retrouvé jeudi en fin de matinée.

Retour sur une fugue et deux évasions. Présenté une première fois mardi à un juge du TGI de Limoges, il avait pris la fuite du tribunal prétextant une pause pour se rendre aux toilettes. Il avait cependant été rattrapé peu de temps après. Placé en garde à vue, il avait été présenté une seconde fois mercredi au tribunal. C'est à l'issue de sa mise en examen par le juge des enfants pour avoir agressé un autre jeune pour lui voler son téléphone portable, qu'il s'était de nouveau fait la belle alors qu'il venait d'être remis aux éducatrices. "Les éducateurs ne menottent pas les mineurs qui leur sont confiés. Il a pris la fuite en courant", expliquait jeudi matin le commissaire Paul Agostini sur Europe 1.

Arrêté et renvoyé en CEF. L'ado a finalement été arrêté dans le centre-ville de Limoges jeudi en fin de matinée. La "terreur" de Limoges a été reconnue par des vigiles d'un centre commercial mais ces derniers n'avaient pas dans un premier temps réussi à l'arrêter. Il a été placé en maison d'arrêt spécialisée pour mineurs et disposant de personnel éducatif, hors du Limousin, mesure rare pour un jeune de son âge. Cette sanction pénale, a expliqué le procureur de Limoges, Michel Garrandaux, est rendue possible car "en fuguant mercredi du tribunal, il a violé l'obligation de contrôle judiciaire que venait de prononcer le juge pour enfants en le mettant en examen". Cette sanction prévue par la loi encadrant les délits commis par des mineurs d'entre 13 et 16 ans "a une durée de 15 jours reconductibles une fois". Le juge, qui sera amené à statuer sous un mois, pourrait "ordonner un placement en centre fermé, peut-être assorti d'un contrôle judiciaire", selon le procureur.

"C'est un mineur à problèmes".  "On sait que c'est un mineur à problèmes. Il a 13 ans, on l'a eu pour les premiers faits de délinquance à 12 ans. Il a été violent et peut être très virulent", expliquait jeudi matin le commissaire Paul Agostini sur Europe 1.

Les policiers connaissent en effet très bien le jeune homme. A Limoges, on dit qu'il a commis plus de délits qu'il n'a fêté d'anniversaires. En janvier dernier, il a ainsi participé à l'agression violente d'un homme âgé, à son domicile, de nuit. "Je dormais, ils ont ouvert la porte à grands coups de pieds. Il fait le signe 'si tu bouges, je te tue'. Ils cherchaient de l'argent. A 13 ans... vous vous rendez compte ? Et ils sont repartis avec 7,50€", témoigne la victime sur Europe 1.

Mis en cause dans un affaire de viol. Le procureur a confirmé que le jeune homme faisait encore l'objet de poursuites pour plusieurs faits commis après ses 13 ans, mais a précisé que "nombre d"affaires où il avait été mis en cause précédemment avaient été jugées" et que "des sanctions éducatives, seul moyen accessible, pour les moins de 13 ans, avaient été prises". Le procureur a enfin confirmé que le garçon était toujours mis en cause dans une affaire de viol, commis là encore avant ses 13 ans. "Cette affaire est toujours à l'instruction mais les faits étant antérieurs à ses 13 ans, ils ne relèvent pas de la Cour d'assises pour mineurs. En ce cas, c'est le juge des enfants qui prend une compétence criminelle", a précisé Michel Garrandaux.

"Sa vie est marquée par l'instabilité". Issu d'une famille de cinq enfants de trois pères différents, enfant de parents toxicomanes, le jeune garçon a connu la rue, les foyers et plusieurs familles d'accueil. "Il n'a jamais pu construire sa personnalité dans le rapport à l'autre, ou à l'autorité. Sa vie est marquée par l'instabilité", analyse un éducateur qui l'avait croisé.

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