La succession de Trenet toujours au tribunal

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La succession de Trenet toujours au tribunal
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La justice recherche deux hommes suspectés d'avoir escroqué l'héritier du chanteur.

Nouveau tournant dans l'affaire de la succession de Charles Trenet. La justice a émis courant juin des mandats d'arrêt internationaux contre deux responsables d'une société danoise, soupçonnés d'avoir escroqué l'héritier désigné du "Fou chantant", Georges El Assidi, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Ces mandats visent le Français Maurice Khardine et l'avocat danois Johan Schütler, respectivement dirigeant de fait et président de la société Nest, a précisé cette source. Georges El Assidi, ancien secrétaire particulier et ami intime du chanteur jusqu'à sa mort en 2001 à 87 ans, accuse les deux hommes de l'avoir escroqué lorsqu'il a voulu leur confier la gestion de son patrimoine en 2006.

Un patrimoine estimé à 4,5 millions d'euros

el assidi, trenet

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Via un contrat-cadre, Georges El Assidi (photo ci-contre) avait cédé l'intégralité de son patrimoine qui comprend notamment la villa historique de Charles Trenet à Antibes sur la Côte d'Azur, une maison à Aix-en-Provence et les "bibelots" de l'artiste, parmi lesquels les tableaux peints par Trénet et ses partitions, le tout pour environ 4,5 millions d'euros. Une somme dont il affirme n'avoir rien touché en contrepartie de l'exploitation de son patrimoine.

Deux ans plus tard, l'héritier a donc saisi la justice. Mais le tribunal de Paris s'était déclaré incompétent, renvoyant l'affaire à la justice danoise. En 2009, l'avocat de Georges El Assidi, Me Francis Pudlowski, a déposé une plainte avec constitution de partie civile pour "extorsion".

L'héritier du chanteur dit vivre du RSA

C'est dans le cadre de l'enquête qui lui a été confiée depuis lors que le juge Guillaume Daïeff a demandé à entendre Maurice Khardine et Johan Schlüter. Le mandat d'arrêt a été émis parce que les suspects ne se sont pas présentés aux convocations du juge, selon la même source. Les éditions Raoul Breton, partie civile, et la Sacem, sont également victimes dans ce dossier.

"C'est ahurissant" a déclaré Me Claude Debooser-Lepidi, avocat de Khardine et Schlüter, précisant que ses clients allaient "contre-attaquer". Au cours de l'enquête, "nous avons produit tous les éléments nécessaires à rendre vaines toutes les poursuites", a-t-il ajouté, expliquant que ses clients ne s'étaient pas rendus à la convocation car le juge comptait les mettre en examen, une mesure non justifiée selon lui. Georges El Assidi, 52 ans, affirme vivre aujourd'hui du RSA.

Pas la première bataille juridique

Ce mandat d'arrêt est l'ultime épisode de l'âpre bataille juridique que se livrent, depuis la mort de l'artiste en 2001, Georges El Assidi contre la soeur et le neveu de Charles Trenet. Le "fou chantant" avait fait de son secrétaire particulier son légataire universel, dans un testament de 1999 que contestent Lucienne et Wulfran Trenet.

Fin 2008, les deux parents de Charles Trenet ont déposé une plainte au pénal contre Georges El Assidi pour "abus de faiblesse" et "extorsion". Le parquet de Créteil l'a classée sans suite en 2009. Une deuxième plainte contre X, pour abus de faiblesse avec constitution de partie civile, a été déposée en 2009. Le justice a ordonné un non-lieu en juillet 2010.

Parallèlement, la famille de Charles Trenet a assigné civilement Georges El Assidi pour demander la nullité du testament. Ils ont été déboutés en 2011. D'autres procédures sont en cours. Le tribunal correctionnel de Grasse doit ainsi se prononcer sur le sort d'objets, piano, billard, bibelots et tableaux de la villa du chanteur, réclamés par Georges El Assidi, qui a porté plainte pour vol. L'affaire a été renvoyée au 30 novembre.