La fillette kidnappée dans l'Ain a été violée

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La fillette kidnappée dans l'Ain a été violée
Un homme, soupçonné de l'enlèvement, a été placé en garde à vue dimanche soir dans l'Ain.@ MAXPPP
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Le suspect était recherché par la justice pour ne pas avoir respecté son suivi judiciaire.

"Maëlle va bien. Elle est rentrée chez elle et a repris sa vie de petite-fille". Marie-Christine Tarrare, procureure de la République de Bourg-en-Bresse, s'est exprimée mardi matin sur Europe 1 au sujet de la fillette de 5 ans violée dans l'Ain lundi. "C'est une petite fille très courageuse et qui a fait des déclarations très sereines qui nous ont permis de savoir ce qui s'est passé", a-t-elle ajouté.

"Elle a compris la gravité des faits, mais c'est quand même une petite fille qui a été en capacité de pouvoir répondre aux questions dans angoisse particulière", a poursuivi la procureur. La fillette de 5 ans, enlevée dimanche à Niévroz, dans l'Ain, a été agressée sexuellement et violée, avait annoncé lundi la procureure. L'enfant, qui était hospitalisée à Bourg-en-Bresse, a donc pu regagner le domicile de ses parents.

"Il refuse de s'expliquer"

Un Isérois de 39 ans a été interpellé peu après l'agression. Ce suspect faisait l'objet mandat d'amener pour non respect de mesures de suivi socio-judiciaire. Il n'avait pas répondu à une convocation du juge dans le cadre de sa condamnation en 2009 pour "diffusion d'images à caractère pédo-pornographique", a précisé la procureure à Bourg-en-Bresse. Une information judiciaire sera ouverte mardi pour "enlèvement et séquestration" ainsi que pour "agression et viol sur un mineur de moins de quinze ans".

Le suspect "est toujours mutique, il ne s'exprime pas. Pas un mot", a ensuite expliqué Marie-Christine Tarrare, ajoutant qu'"un médecin nous a indiqué que son état est parfaitement compatible avec une grade à vue, mais il refuse de s'expliquer".

Disparue alors qu'elle faisait du vélo

La petite fille avait disparu dimanche à la mi-journée devant le domicile familial, dans un lotissement où "elle faisait du vélo". Des témoins avaient indiqué l'avoir vu se faire emmener de force dans un véhicule par un homme. Dès le signalement de sa disparition à 13h50, "l'hypothèse d'un enlèvement d'enfant avait été privilégiée" car ses parents avaient retrouvé "son vélo et une tong" au milieu de la chaussée, selon les gendarmes. Un "important dispositif" de recherche avait alors été mis en place.

Vers 18 heures, alors que le plan "alerte enlèvement" était sur le point d'être déclenché, le véhicule du suspect a été aperçu à la sortie de ce même village près du cimetière. La voiture a alors été prise en chasse par l'hélicoptère tandis que des barrages étaient mis en place sur les routes avoisinantes. Arrivant à la hauteur d'un premier barrage à Balan, à quelques kilomètres de Niévroz, le conducteur a "foncé sur les gendarmes qui se sont écartés et ont jeté leur herse sur la route" pour tenter de crever les pneus de la voiture, qui ne s'est pas arrêtée.

Le suspect arrêté après une course-poursuite

Les gendarmes ont alors "tiré deux coups de feu en direction de la voiture", qui a rencontré 200 mètres plus loin un second barrage, où elle a "percuté de plein fouet un véhicule de la gendarmerie, avant d'être projetée sur un véhicule civil", sans faire de blessés. Indemne, le conducteur en fuite a alors pu être interpellé, après une demie heure de course-poursuite avec les gendarmes. Des habitants de Niévroz avaient aperçu dans la matinée sa voiture "tourner dans le quartier" où habite la victime de l'enlèvement.

C'est Philippe qui avait donné l'alerte dimanche, vers 18 heures. Il passait en voiture avec sa fille, la voiture du kidnappeur s'est arrêtée devant lui, et sa fille a reconnu la fillette enlevée. "J'ai suivi la voiture, l'hélicoptère [des gendarmes] était au-dessus de moi". Lorsqu'il perd la trace du véhicule, il rebrousse chemin et se rend à la gendarmerie. "Ce n'est pas quelque chose d'héroïque, c'est humain", a-t-il confié à Europe 1. La jeune victime a été retrouvée "avec ses habits déchirés" sur le bas-côté d'une route à proximité du cimetière, où Philippe avait aperçu un conducteur la déposer, ont indiqué les gendarmes. .