La cavale rocambolesque d'un parrain corse jugé vendredi à Marseille

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Grâce à un improbable "coup de poker", Jean-Luc Germani, un mafieux corse plusieurs fois condamné, a pu rallonger sa cavale de plusieurs années. Il est jugé vendredi.

Jean-Luc Germani comparaît vendredi à Marseille pour violences volontaires, sans incapacité de travail, sur un gendarme. Un délit relativement mineur comparé à son CV criminel. Le mafieux a notamment été condamné pour association de malfaiteurs, ainsi que dans le cadre de l'affaire du cercle de jeux Wagram. Mais c'est un énorme coup de bluff qui lui a permis de prolonger sa cavale. Retour sur l'affaire.

Contrôlés par des gendarmes. Fin juin 2011, Jean-Luc Germani, fugitif le plus recherché de France, se trouve en fait en bord de mer, quasiment à domicile, sur la plage de la Fiorentine à San Giuliano, en Haute-Corse. Cette figure du banditisme corse se cache dans un camping-car, armé et muni de faux papiers, avec son indéfectible bras droit, Stéphane Luciani. Ce soir-là, les deux truands sont contrôlés par des gendarmes en patrouille. Ils prétendent être un couple en vacances, garé un peu à part pour être tranquille.

"Un coup de poker". Soudain pris de panique, Jean-Luc Germani s'enfuit. Un gendarme se lance à ses trousses. C'est là que le mafieux tente son "coup de poker", comme il l'explique lui-même au magistrat enquêteur. Il se retourne et crie au gendarme "Regarde, sur toi !" Le militaire remarque un point rouge au beau milieu de sa poitrine. C'est un viseur laser de chasse, mais il croit à une arme et abandonne la poursuite.

Trois ans de cavale supplémentaires. C'est pour ce geste de menace que Germani est jugé vendredi. Un geste qui lui a fait gagner trois ans de cavale, et qui en a fait perdre autant à la police judiciaire. Au cours de sa cavale, Germani est repéré au Gabon, au Cameroun, en Italie… Mais c'est finalement dans le quartier d'affaires de La Défense, près de Paris, qu'il est arrêté le 27 novembre 2014