La bijouterie de Cambrai encore attaquée

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La bijouterie de Cambrai encore attaquée
La bijouterie connait son deuxième braquage depuis 2011et la mort de son patron.@ MAXPPP
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Le patron avait été tué par des braqueurs en 2011. Sa veuve a été blessée jeudi dans une nouvelle attaque.

L'INFO. Le sort s'acharne sur la bijouterie Bouquignaud de Cambrai, dans le Nord. En 2011, Hervé Bouquignaud avait trouvé la mort lors d'un braquage qui avait mal tourné. Jeudi, l'échoppe a de nouveau été le théâtre d'une attaque à main armée. Un fric-frac au cours duquel Monique Bouquignaud, la veuve du bijoutier, a été sérieusement blessée. Ce nouveau fait intervient trois mois après la condamnation des meurtriers du bijoutier. Trois jeunes âgés de 20 et 21 ans, qui ont écopé de peines allant de 7 à 20 ans de réclusion.

Lacrymo et caisse vidée. Tout s'est passé très vite jeudi matin. Dans sa boutique de la rue commerçante du Marais Cantimpré, Monique Bouquignaud ouvre sa porte sécurisée à une personne âgée. C'est à ce moment précis que deux hommes profitent de l'aubaine pour s'introduire dans la bijouterie.



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La cliente est agressée à la bombe lacrymogène, selon La Voix du Nord. Les braqueurs s'attachent ensuite à vider la caisse de l'établissement. Ils violentent alors Monique Bouquignaud, qui s'en tire avec des blessures à un bras et aux côtes. Les malfaiteurs brisent ensuite des vitrines à l'intérieur de la boutique avant de prendre la fuite et de disparaitre.

"Elle est anéantie". Choquée, la bijoutière a été transférée à l'hôpital de Cambrai où ses jours ne sont pas en danger. Sa fille, Gaëlle, indique au micro d'Europe 1 que sa mère souffre de nombreuses contusions. "Les braqueurs ont été très violents. Elle a des fractures au niveau du bras, elle a des contusions partout, elle a un visage complètement tuméfié. Et psychologiquement, elle est anéantie, elle qui est si battante, elle l'est beaucoup moins", commente sa fille.

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© MAXPPP

"Il faut que ça s'arrête". Cette dernière explique également que sa mère avait portant continuer (dans la crainte) à se battre pour ne pas fermer la boutique, mais qu'aujourd'hui rien n'assure qu'elle aura la force de le faire. "Elle se sentait toujours vulnérable, elle avait toujours cette peur. Elle ne se laissait pas aller malgré le renforcement de la sécurité, malgré tout ça, c'est encore arrivé. Il faut que ça s'arrête. Je ne sais pas si elle va avoir la force de rouvrir son commerce. Là, pour le moment, elle a trop mal, elle souffre physiquement et psychologiquement", commente Gaëlle au micro d'Europe 1.

Le quartier en "état de choc". Depuis lors, le quartier commerçant de Cantimpré est en "état de choc", rapporte la Voix du Nord. "J’ai l’impression de revivre ce que j’ai vu il y a deux ans, c’est un vrai cauchemar. On en sort et ça recommence ! ", confiait sur place une proche de la bijoutière au quotidien régional.  "Elle ne vivait plus tranquillement depuis le meurtre de son mari, elle avait pourtant tout installé (une porte sécurisée notamment) pour éviter ça… ", déplorait une seconde amie de la victime. Plus loin, une passante, s'adressant aux forces de l'ordre, n'en revient pas : "Ce n’est pas encore la bijouterie Bouquignaud quand même ? Oh non, pas ça ? ". Jeudi, alors que les malfaiteurs sont activement recherchés et que les vérifications sur place étaient toujours en cours, on ignorait encore le montant du préjudice et si des bijoux avaient été dérobés. Le commissariat de Cambrai, initialement en charge de l'enquête, devait être dessaisi au profit de la police judiciaire de Lille.