"L'humour ne va jamais trop loin"

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"L'humour ne va jamais trop loin"
"Ambassadeur de Danone, qu'il crève dans le yaourt !", avait déclaré Christophe Alévêque à propos de Zinedine Zidane.@ Montage Maxppp/Reuters
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Christophe Alévêque comparaît pour avoir qualifié Zidane de "panneau publicitaire à 3 neurones".

En règle générale, un humoriste n'a pas sa langue dans sa poche. Christophe Alévêque et son langage "fleuri" ne font pas exception à la règle. Dans une interview publiée en janvier 2011 par la revue SportMag, l'humoriste déclarait à propos de Zinedine Zidane : "ce mec est un panneau publicitaire qui a trois neurones, qui a fait perdre la Coupe du monde 2006 et qui maintenant profite de son image à outrance". Pour cette "pique" à la star du ballon rond, Christophe Alévêque a comparu jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris. Une audience durant laquelle il a maintenu ses propos.

Après avoir déclaré avant l'audience "qu'il ne regrettait pas", l'humoriste a récidivé à la barre. "C'est cette liberté qu'a toujours eu le bouffon qui était le seul qui pouvait s'attaquer au roi. Si je devais avoir des procès pour toutes les personnes que j'attaque en spectacle, je pense que je camperais ici", a ironisé le comique, regrettant que "le chemin de la caricature se restrei(gne) de plus en plus".

Le rôle des humoristes est de "grossi(r) le défaut de la bêtise humaine", a poursuivi Christophe Alévêque, amer, car, explique-t-il, "il m'est arrivé de dire pire sur des gens qui sont président de la République, président du FMI ou pape et il n'y a pas eu de problème. (...) Personne n'est inattaquable dans notre pays".

"Je pouvais pas dire 'con comme ses pieds'"

Concernant Zidane, s'est-il souvenu, "ça m'a choqué qu'un footballeur qui a fait toute sa carrière avec le peuple, les smicards, les RMIstes" se fasse payer onze millions d'euros, soit "une somme extravagante pour soutenir la candidature du Qatar pour la coupe du monde de foot".

Au cours des débats, la présidente Anne-Marie Sauteraud s'est étonnée qu'il ait employé une expression telle que "con comme une b***". Mais, a répondu Christophe Alévêque, "dans mes spectacles, j'emploie ça régulièrement", et puis surtout, là, "je pouvais pas dire con comme ses pieds..."

Le "droit à l'humour"

Le champion du monde 1998 réclame à l'humoriste 75.000 euros de dommages et intérêts. Selon son avocat, Me Carlo Alberto Brusa, Zinedine Zidane considère que les propos rapportés par SportMag ont "fait l'objet d'une très large diffusion médiatique", en particulier sur la Toile. Ils "portent atteinte à son honneur, sa dignité, sa probité, sa réputation d'homme et de personne publique ainsi qu'à ceux de sa famille", a-t-il ajouté.

Zinedine Zidane, l'actuel conseiller VIP du président du Real Madrid, ne s'est pas déplacé pour ce procès. A l'issue de l'audience, la 17e chambre correctionnelle a mis sa décision en délibéré à quelques semaines.