L’élu trompé, l’amant et Hippocrate

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L’élu trompé, l’amant et Hippocrate
Pierre Lang souhaite faire radier l'amant de sa femme, le Dr Bernard Daclin.@ MAXPPP
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Un député-maire qui traînait son rival devant le conseil de l’Ordre des médecins a été débouté.

Faute d'autre recours possible, une affaire de mari trompé et de médecin possédant une garçonnière s'est terminée devant le conseil de l’Ordre des médecins. Pierre Lang, le député-maire UMP de Freyming-Merlebach, en Moselle, poursuivait lundi le chirurgien Bernard Daclin pour avoir séduit sa femme et entretenu une relation étroite avec cette dernière. Le conseil de l'Ordre des médecins de Lorraine l'a débouté, mais n'a pas rendu publiques ses motivations.

L’histoire a tout d’une pièce d’un théâtre de boulevard. Pierre Lang a découvert que sa femme le trompait régulièrement avec un médecin de la région, spécialiste chez qui elle se rendait à l'origine pour des raisons médicales. Mais leur relation est ensuite devenue extra-médicale, avant d'arriver aux oreilles du député-maire de Freyming-Merlebach. Ce dernier ne trouvant pas de juridiction devant laquelle traîner l’amant de sa femme a saisi le conseil de l’Ordre des médecins. Il accuse le Dr Bernard Daclin, spécialiste de chirurgie maxillo-faciale, d’avoir bafoué le serment d’Hippocrate en ayant une aventure avec sa femme.

Il faut dire que dans sa version de 1996, le texte stipule que le médecin "reçu à l’intérieur des maisons, respectera les secrets des foyers et sa conduite ne servira pas à corrompre les mœurs". Mais dans la pratique, ce serment ne revêt plus qu’une valeur symbolique. La profession étant maintenant réglementée par le code de déontologie médicale.

Un médecin aux nombreuses aventures

En instance de divorce et même si son épouse était consente, l’élu ne lâche rien. Lors de l’audience début décembre, son avocate, Me Martine Génin, faisait valoir grâce à plusieurs témoignages que le comportement du Dr Daclin "était récurrent et inapproprié". D’autres femmes auraient été séduites selon elle. Du côté de la défense, Me Stanislas Louvel expliquait que les rencontres n’avaient jamais lieu dans le cabinet médical mais dans une garçonnière.