L'amoureux du Rembrandt volé remis en liberté

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L'amoureux du Rembrandt volé remis en liberté
@ Max PPP
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LIBRE COMME L'ART - L'homme s'était accusé en mars dernier du vol, 15 ans plus tôt, d'un Rembrandt dans un musée de Draguignan, dans le Var.

Pendant quinze ans, il a gardé l’œuvre chez lui, pour son simple plaisir personnel. Patrick Vialaneix, l'homme qui s'était accusé en mars dernier du vol, 15 ans plus tôt, d'un Rembrandt dans un musée de Draguignan, dans le Var, a été remis en liberté le 4 juin par la cour d'appel d'Aix-en-Provence.

"L'enfant à la bulle de savon", retrouvé 15 ans après. Cet homme de 43 ans, vivant dans le Lot-et-Garonne, s'était présenté spontanément le 19 mars à la gendarmerie de Marmande. La veille, une opération policière avait permis de retrouver le tableau à Nice et d'arrêter deux autres personnes, dont l'une était en possession de l’œuvre, "L'enfant à la bulle de savon", estimée à 20 millions de francs à l'époque du vol.



Vialaneix : "J'ai été le gardien du tableau...par Europe1fr

D'après des éléments de l'enquête, les suspects avaient prévu de procéder à la vente du tableau dans un hôtel de Nice. L'opération policière avait été menée par l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) et la PJ de Nice.

Une œuvre dérobée un soir de 13 juillet. Patrick Vialaneix, qui s'accusait du vol initial du tableau avait d'abord été relâché, ce larcin étant prescrit. Il avait cependant été mis en examen le 26 mai et placé en détention provisoire pour tentative de blanchiment du produit d'un délit, association de malfaiteurs en vue de blanchiment et faux. Lors de sa garde à vue, il avait raconté comment il avait dérobé cette œuvre de 60 cm sur 49, quinze ans plus tôt, en se laissant enfermer dans le musée un 13 juillet au soir, pour que les bruits de la fête nationale masquent le son de l'alarme.

L'absence du tableau de Rembrandt au musée de Dragignan

© Max PPP

Selon une source judiciaire, il a aussi reconnu avoir gardé le tableau chez lui pendant quinze ans et l'avoir remis aux receleurs présumés, contre un chèque de 40.000 euros, qu'il n'a pas encaissé. Selon sa défense, il aurait été escroqué et aurait cru que le tableau allait être restitué.

Un geste qui "n'a rien à voir avec l’appât du gain".  "Cet homme, dont le geste n'a rien à voir avec l'appât du gain, n'avait pas sa place en prison", a commenté son avocat, Me William Bourdon, contacté par l'AFP. "La cour d'appel l'a reconnu comme elle a reconnu la sincérité de son repentir actif", a ajouté l'avocat.

L'homme, qui s'était confié au Monde.fr avant son incarcération, avait raconté comme le tableau l'avait obsédé, avant et après le vol, jusqu'à le mener à la dépression. La cour d'appel, qui a estimé que sa détention n'était pas nécessaire à l'enquête, a cependant assorti sa remise en liberté d'un contrôle judiciaire lui interdisant de se rendre dans tout lieu d'exposition d’œuvres d'art. Elle a également ordonné une caution de 20.000 euros.

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