L'ADN d'une disparue de Perpignan dans un congélateur

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L'ADN d'une disparue de Perpignan dans un congélateur
Marie-Josée Benitez et sa fille allison ont disparu le 14 juillet dernier.@ COMPTES FACEBOOK DE MARIE ET ALLISON BENITEZ
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Avant de se donner la mort, Francisco Benitez avait récuré cet appareil avec soin.

L'INFO. Un mois et demi après la disparition de Marie-Josée Benitez et de sa fille Allison, les enquêteurs tiennent enfin une trace, macabre, des  "disparues de Perpignan". L'ADN d'Allison Benitez a été isolé dans des prélèvements réalisés à partir de traces de sang, dans un congélateur appartenant au père et mari des deux disparues, Francisco Benitez, selon les informations recueillies par Europe confirmant partiellement les éléments dévoilés plus tôt par France 3. D'autre part, l'ADN de Marie-Josée Benitez aurait cette fois été retrouvé, avec celui de sa fille, dans un lave-linge de la caserne de la Légion étrangère, ou travaillait le père de famille.

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• Un congélateur récuré après la disparition. Ce même congélateur, à très grande contenance, avait été méticuleusement nettoyé par le légionnaire quelques jours après la disparition inquiétante des deux jeunes femmes le 14 juillet dernier. De même, les enquêteurs de la police judiciaire de Perpignan ont découvert que Francisco Benitez avait lavé un tapis à grandes eaux dans cette même période. Ces nouveaux éléments semblent accréditer la thèse d'un acte criminel, d'autant que la voiture du père de famille aurait également été nettoyé méticuleusement après la disparition. Pour l'heure, le parquet reste prudent et le procureur de Perpignan n'a pas souhaité s'exprimer sur ces dernières révélations. Les expertises ADN ont été réalisées par un laboratoire spécialisé en biologie moléculaire. Selon France 3, ces tests, dont les résultats sont parvenus aux enquêteurs aujourd'hui, ont été réalisés à partir de prélèvements effectués deux semaines plus tôt à partir de traces de sang.

"Ça me donne la chair de poule". Fatiah, une voisine, entretenait déjà des soupçons à l'encontre du père. "C'est horrible, ça me donne la chair de poule. Parce que le lendemain, il a fait le grand nettoyage sur la terrasse. Avant qu'il se passe tous ces événements, la terrasse était sans dessus-dessous, il y avait de la pisse de chien, il y avait des excréments. Le lendemain, c'était tout nickel chrome. Je suis triste pour mes deux voisines", commente-t-elle au micro d'Europe 1. Cette voisine ajoute que la piste criminelle ne fait, selon elle, plus aucun doute. "Je gardais espoir, mais là, avec le sang, le suicide du père, tout laisse penser que c'est fini", déplore la voisine.

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© MAXPPP

• Benitez avait signalé la disparition. C'est Francisco Benitez qui avait signalé la disparition de sa fille et de sa femme. Selon ses propos, toutes deux avaient quitté le domicile le 14 juillet après une dispute entre sa femme et lui. Francisco et Marie-Josée étaient d'ailleurs en instance de séparation. "Il était convenu que l'épouse déménage avec leur fille et lui s'engageait à payer le loyer", avait indiqué le procureur adjoint. Alors que cette disparition a rapidement été jugée "inquiétante", le parquet avait ouvert une information judiciaire pour "recherche des causes de la disparition".

• Une affaire aux rebondissements multiples. Premier tournant dans cette affaire, le père est retrouvé pendu le 5 août dernier, en tenue militaire, à la caserne Joffre de Perpignan où il travaillait au bureau d'information de la légion étrangère. La veille de commettre son geste, Francisco Benitez avait confié son désespoir dans une dernière vidéo.

>> L'ultime témoignage du père, à la veille de sa mort :

> L'enquête a ensuite pris une nouvelle tournure quand il est apparu aux enquêteurs que le légionnaire avait déjà été entendu en 2004, dans une autre affaire de disparition, à Nîmes, dans le Gard. Sa maîtresse de l'époque avait disparu dans des conditions étrangement similaires à celles d'Allison et Marie-Josée. Benitez n'avait finalement pas été inquiété et la jeune femme n'a jamais été retrouvée. Ce nouvel élément avait poussé le parquet de Nîmes a rouvrir l'information judiciaire, sur les qualifications d'enlèvement et séquestration, relançant ainsi les investigations dans cette première affaire.

disparition simone de oliveira alves en 2004 à nimes avis de recherche

© CAPTURE D'ECRAN DU SITE AVISDERECHERCHES

Du côté de Perpignan, les enquêteurs n'avaient plus guère de doute sur le caractère criminel présumé de cette disparition de 2013. Plus tôt lundi, on apprenait que les passeports d'Allison et de Marie-Josée ont été retrouvés à leur domicile lors d'une perquisition. Une découverte qui écartait déjà définitivement la piste d'une fuite à l'étranger.