Jugé pour le suicide de son enseignant

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Jugé pour le suicide de son enseignant
@ MAXPPP
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Six mois avec sursis ont été requis contre l'élève qui avait accusé à tort son professeur.

Jean-Luc Bubert s’était suicidé peu après avoir été accusé d’avoir frappé un de ses élèves du collège César-Savart, à Saint-Michel. L’adolescent à l’origine de l’accusation est jugé mercredi pour dénonciation calomnieuse par le tribunal pour enfants de Laon. Le parquet a requis contre lui six mois de prison avec sursis et une mise à l'épreuve sous forme de stage de citoyenneté ainsi qu'une formation.

Une garde à vue “précipitée“

Le professeur en question, accusé d'avoir donné un coup de poing à l'élève dans une salle de classe où ils étaient seuls, avait été retrouvé pendu à son domicile le 20 septembre 2008 au lendemain de sa garde à vue. Un mois plus tard, l’adolescent avait reconnu avoir menti.

"On a placé tout de suite l’enseignant en garde à vue en disant : "vous êtes en quelques sorte présumé coupable", dénonce l'avocat de la famille de la victime, maitre Francis Lec. Déplorant une garde à vue "précipitée", la partie civile souhaite savoir dans quelles conditions la dénonciation calomnieuse est intervenue et si l'enfant a agi sous influence de personnes majeures.

"Il est responsable, mais nous ne serons pas là pour accabler uniquement le mineur", a prévenu maitre Francis Lec, qui regrette que les errements de l’affaire d’Outreau n’aient pas permis de tirer des enseignements pour éviter un tel drame.

D’autres causes au suicide ?

"Personne ne peut venir dire que mon client est l'unique responsable du décès" de l'enseignant, estime de son côté l’avocat de l'adolescent, maitre Mireille Des Rivières, qui souhaite démontrer que les constitutions de partie civile par les parents du défunt et par sa soeur ne sont, de ce fait, "pas recevables".

En pleine procédure de divorce, l'enseignant avait laissé un mot chez lui annonçant qu'il allait mettre fin à ses jours, sans s'expliquer sur les raisons de son geste.

Le collégien avait été placé, après sa mise en examen, en liberté surveillée préjudicielle, avec obligation de rendre des comptes chaque mois à une éducatrice. Ce suivi s'est déroulé de manière satisfaisante, selon une source judiciaire, qui précise qu’il n'était pas connu de la justice avant ce drame. Le jugement a été mis en délibéré au 24 novembre.