"Jour de Colère" : 4 condamnations à du sursis

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"Jour de Colère" : 4 condamnations à du sursis
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JUSTICE - Quatre jeunes ont été condamnés mardi après les violences qui ont émaillé la manifestation de dimanche.

Le jugement. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi quatre jeunes, interpellés dimanche à l'issue de la manifestation anti-Hollande à Paris, à des peines de deux mois avec sursis pour des violences sur les forces de l'ordre. L'examen du cas de deux autres prévenus a été reporté en raison de l'heure tardive.

Leur profil. Un étudiant en BTS de 20 ans, un autre en médecine, âgé de 18 ans, et un troisième, détenteur d'un bac pro, lui aussi âgé de 18 ans, ont été reconnus coupables d'avoir projeté une barrière de chantier en direction d'un cordon de gendarmes mobiles, sans toutefois l'atteindre. Un autre prévenu a également été condamné pour avoir lancé des pétards en direction des gendarmes. Le tribunal a en revanche annulé pour un vice de forme la procédure engagée contre une autre prévenue, une élève de terminale, âgée de 18 ans, accusée d'avoir jeté une cannette de bière vide en direction des forces de l'ordre.

Dans ses réquisitions, le procureur avait requis des peines de deux mois ferme contre le trio en évoquant des individus immatures qui n'avaient pas su se contrôler et auraient pu provoquer de sérieuses blessures et une peine d'un mois avec sursis contre la jeune femme. Quant au quatrième homme, le procureur avait requis un mois ferme. Les avocats des cinq prévenus avaient de leur côté plaidé la relaxe de leurs clients estimant notamment que le dossier n'apportait pas la preuve des faits qui leur étaient reprochés.

"Des peines pas satisfaisantes". "Ces peines ne sont pas satisfaisantes même si elles sont assorties du sursis", a dit devant la presse Me Antoine Vey, avocat de l'un des jeunes condamnés. "On a en effet le sentiment d'une instrumentalisation de la procédure judiciaire à des fins politiques", a-t-il déclaré. "Aucun des prévenus n'a de casier judiciaire et ils ont tous été interpellés au hasard", a-t-il affirmé en se fondant sur une photo montrant une cinquantaine de personnes saisissant une dizaine de barrières sur laquelle les trois prévenus n'étaient pas identifiables. "On a le droit de manifester et aussi celui d'être jugé pour ce qu'on a commis. Or là, ils ont été jugés pour leur présence à une manifestation", a conclut l'avocat. Auparavant, l'avocat de la jeune étudiante, jeune fille gracile aux cheveux longs enveloppée dans un manteau à col de fourrure, avait ironisé devant le tribunal à propos de "cette crevette qui terrifie les policiers avec sa cannette vide".  "Avec des procédures aussi ridicules, on alimente les thèses complotistes", avait-elle lancé.

D'autres dossiers à venir. Quelque 262 personnes avaient été interpellées après les incidents survenus lors de la dispersion de la manifestation dimanche soir. La grande majorité avait été remise en liberté lundi et seuls huit gardés à vue ont été déférés mardi devant le tribunal de grande instance pour y être jugés en comparution immédiate. Plusieurs d'entre eux n'avaient toujours pas comparu en fin de journée.

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