Joué-lès-Tours : agression isolée ou acte terroriste organisé ?

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Guillaume Biet avec , modifié à
Après l’agression de policiers à Joué-lès-Tours, les enquêteurs cherchent à savoir si un groupe terroriste se trouve derrière l’agresseur qui a été tué.

Il s’est présenté à la porte du commissariat de Joué-lès-Tours, un couteau caché dans le dos. Les enquêteurs cherchent dimanche à savoir si Bertrand Nzohabonayo, qui a agressé des policiers avant d’être abattu, était un loup solitaire ou s’il était soutenu par un groupe terroriste.

A-t-il agi seul ? Le parquet antiterroriste de Paris s’est rapidement saisi de l’enquête. Il faut dire que l’homme, qui a crié "Allahou Akbar" (Dieu est grand, en arabe) avant de blesser les trois officiers. Sur son identité, il ne fait aucun doute, il s’agit bien de Bertrand Nzohabonayo, qui se faisait appeler Bilal depuis sa conversion à l’islam il y a environ un an. L’enquête se concentre sur les circonstances et les raisons qui ont poussé le Français à s’en prendre aux forces de l’ordre.

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A-t-il agi pour le compte de quelqu’un ? On ne sait pour l’instant pas s’il a des complices, s’il fait partie d’un éventuel groupe terroriste ou s’il a agi seul, peut-être sous l’impulsion d’un message du groupe de l’Etat islamique. Deux jours avant l’agression, une nouvelle vidéo de propagande en français appelait à commettre exactement ce type de geste en France.

Invité sur le plateau de TF1 dimanche soir, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est refusé à toute affirmation définitive sur des liens éventuels entre Bertrand Nzohabonayo et une organisation terroriste : "C’est très difficile d’avoir une position définitive, pour l’instant l’enquête est menée par le parquet antiterroriste de Paris. Ce que l’on sait c’est que ce garçon n’était pas connu pour avoir participé à des actes terroristes, seulement des actes de délinquance. Oui, il a manifesté sa radicalisation sur Facebook en postant le drapeau de Daech, et oui, il a bien crié "Allahou Akbhar", mais l’enquête doit d’abord révéler quel était son état psychologique. Le personnage semblait très mystérieux et déstabilisé par son environnement familial."

Son entourage interrogé. Les policiers antiterroristes étudient désormais tout l’environnement du jeune homme de 20 ans et ont notamment perquisitionné les domiciles de sa mère et de sa sœur, chez qui il vivait. Ses amis, interrogés par Europe 1, parlent d'un garçon calme et intégré.

Sans être fiché à la Direction centrale des renseignements intérieurs, il était connu par le biais de son jeune frère qui avait eu un moment le projet de partir en Syrie, avant de se raviser. Bertrand Nzohabonayo avait lui-même publié une photo de la bannière du l’organisation Etat islamique sur son compte Facebook deux jours avant de sortir un couteau contre les policiers.

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