Jean-Claude Mas encore dans le viseur

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Jean-Claude Mas encore dans le viseur
@ MAXPPP
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Le patron de PIP doit s'expliquer devant la justice au Luxembourg pour une affaire de gros sous.

Décidément, la justice en veut à Jean-Claude Mas. Le fondateur de l'entreprise varoise Poly implants prothèses (PIP) était déjà dans l'œil du cyclone pour l'affaire concernant les prothèses défectueuses, commercialisées grâce à une tromperie, avérée et reconnue, de l'Afssaps, l'autorité sanitaire.

Mais là, c'est une affaire d'argent et de biens immobiliers, qui amènent Jean-Claude Mas et sa compagne, Dominique Lucciardi, devant la justice luxembourgeoise. Le fondateur de la société PIP est suspecté d'avoir acquis une vaste demeure avec l'argent de PIP, qu'il aurait fait transiter par des sociétés-écrans. Huit, au total, ont déjà été identifiées par la justice, selon Libération de mercredi.  

Une villa à 580.000 euros

Parmi elles figurent Milo Finance et Graham Turner, les deux sociétés montées pour Jean-Claude Mas par un homme de paille, Alain Sereyjol-Garros. Ces deux sociétés-écrans détiennent la SCI Prince Michel, également créée pour Mas au Luxembourg en 1998.

C'est cette SCI qui achète la villa varoise pour la coquette somme de 580.000 euros. Donc officiellement, la villa des Mas appartient à la SCI Prince Michel, toujours détenue par Milo Finance et Graham Turner.

Le problème, c'est qu'Alain Sereyjol-Garros s'est suicidé en 2007, imité cinq mois plus tard par son compagnon qui avait hérité de ses parts. La justice luxembourgeoise réclame donc la dissolution des deux sociétés puisqu'elles n'ont plus de siège social au Luxembourg.

La maison saisie pour rembourser ?

A travers les sociétés-écrans, la justice tente de récupérer la villa des Mas pour rembourser les créanciers. Des manœuvres dangereuses pour le fondateur de PIP, qui l'ont contraint de se dévoiler et de démontrer qu'il est bien propriétaire de sa maison.

Enfin sa compagne. Car pour assurer son insolvabilité dans l'affaire des implants défectueux, Jean-Claude Mas a transmis ses parts à Dominique Lucciardi en septembre 2010.

Mais les papiers censés le prouver ne convainquent pas le parquet luxembourgeois. Le 9 mars 2011, le tribunal de Luxembourg dépossède Jean-Claude Mas et Dominique Lucciardi. Le couple a fait appel de cette décision lourde de conséquence. La date de la nouvelle audience sera connue en fin de matinée.