Irak: 30.000 civils déplacés de Fallouja en trois jours

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avec AFP
Cet afflux a été provoqué par l'avancée des forces irakiennes.

Les combats dans la ville irakienne de Fallouja ont déplacé au moins 30.000 personnes en trois jours, a indiqué dimanche le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), en mettant en garde contre un désastre humanitaire. Cet afflux a été provoqué par l'avancée des forces irakiennes qui ont repris jeudi le contrôle de plusieurs zones du centre de Fallouja aux djihadistes du groupe Etat islamique (EI). Des milliers de civils qui étaient jusque là pris au piège et parfois utilisés comme boucliers humains par l'EI ont alors pu fuir ce bastion djihadiste assiégé depuis plusieurs mois.

32.000 personnes avaient déjà été déplacées. "Le nombre total de déplacés de Fallouja est estimé à environ 30.000 personnes pour les trois derniers jours", a indiqué le NRC dans un communiqué. L'ONG, qui gère des camps de déplacés autour de Fallouja, a ajouté que 32.000 personnes avaient déjà été déplacées depuis le début de l'offensive lancée par les forces gouvernementales sur la ville il y a près d'un mois. Selon le NRC, des familles sont encore à l'intérieur de la ville, dont des civils vulnérables comme des femmes enceintes, des personnes malades ou âgées.

"Nous implorons le gouvernement irakien de prendre en charge cette catastrophe humanitaire". L'ONG est dépassée par l'afflux massif de déplacés, dont certains dorment en plein air dans l'attente d'une tente, sous un soleil de plomb. "Nous implorons le gouvernement irakien de prendre en charge cette catastrophe humanitaire qui se déroule sous nos yeux", a déclaré le directeur du NRC pour l'Irak, Nasr Muflahi. Le NRC a averti qu'il ne pouvait plus fournir l'assistance nécessaire, avec un déficit de rations d'eau, alors que les conditions sanitaires deviennent de plus en plus précaires. "Le gouvernement irakien doit jouer un rôle de premier plan dans la fourniture en besoins des civils les plus vulnérables qui ont enduré des mois de traumatisme et de terreur", a déclaré M. Muflahi.