Incendies à Berre-L’Etang : une information judiciaire ouverte

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Incendies à Berre-L’Etang : une information judiciaire ouverte
La raffinerie LyonDellBasell à Berre-L'Etang, dans les Bouches-du-Rhône. @ Nathalie Chevance / Europe 1
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Quinze jours après la double explosion sur le site pétrochimique de LyondellBasell, près de l’Etang de Berre, dans les Bouches-du-Rhône, le parquet d’Aix-en-Provence ouvre une information judiciaire.

Le parquet d'Aix-en-Provence a annoncé jeudi l'ouverture d'une information judiciaire pour destruction par substance explosive ou incendie, dans le cadre de l'enquête sur les explosions et incendies qui avaient touché deux cuves du site pétrochimique de LyondellBasell à Berre-l'Etang (Bouches-du-Rhône) le 14 juillet, sans faire de victime.

Cette information a été confiée à deux juges d'instruction du tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence, a précisé le parquet dans un communiqué. Elle vise précisément les chefs de "destruction, dégradation ou détérioration par les faits d'une substance explosive, d'un incendie ou de tout autre moyen de nature à créer un danger pour les personnes" et "détention et transport de substances ou produits incendiaires ou explosifs".

Deux explosions, deux incendies. Le mardi 14 juillet à 3 heures, deux explosions avaient été entendues par des voisins de ce site pétrochimique. Elles avaient entraîné l'incendie de deux grosses cuves contenant des produits inflammables. Le premier avait été maîtrisé vers 6 heures, mais le deuxième, touchant une cuve de naphta à la contenance beaucoup plus importante, n’avait été éteint que vers 11 heures, après avoir dégagé un impressionnant panache de fumée noire, visible à des kilomètres à la ronde pendant plusieurs heures. Quelques jours après l’incident, de nombreux riverains, importunés par des émanations d’hydorcarbures, faisaient d’ailleurs part de leurs inquiétudes.  

"Un acte criminel". Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait estimé depuis l’Assemblée nationale, que "les premiers éléments de l’enquête […] montrent qu'il s'agit d'un acte criminel, dont la motivation n'est pas établie". Rapidement, les enquêteurs avaient en effet écarté la piste accidentelle, après avoir notamment retrouvé des éléments étayant une intention criminelle.

Les hommes de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) et les gendarmes de la section de recherches de Marseille, ont découvert près "de la plus petite cuve qui a été mise à feu, et proche du grillage qui entoure l'enceinte", du "matériel qui pourrait s'apparenter à un dispositif de mise à feu avec ou non l'utilisation d'explosifs", avait expliqué la procureure d'Aix-en-Provence, Dominique Moyal lors d’un point presse.

Un 3e dispositif de mise à feu intact. Les enquêteurs ont mis la main également sur un autre système de mise à feu, intact, sur le couvercle d'une troisième cuve. Ce dispositif, "de même nature" que celui retrouvé à proximité d'une des deux cuves incendiées, "a produit quelques dommages sur le couvercle, mais n'a pas provoqué l'étincelle et l'incendie qui étaient sans doute attendus", avait déclaré la procureure.  

Le spectre des explosifs de Miramas. Quelques jours en amont de cet incident, Europe 1 avait révélé le vol d'une dizaine de pains d'explosifs et de 180 détonateurs dans un dépôt de munitions de l'armée de terre à Miramas, à une trentaine de kilomètres de Berre-l'Etang. Mais depuis, aucun élément confirmant ou infirmant leur éventuelle utilisation dans les faits commis sur le site pétrochimique n’a été communiqué. Par ailleurs, aucune piste n'est privilégiée dans l'enquête sur ces faits, qui n'ont pas été revendiqués, et le parquet antiterroriste n'a pas été saisi.