Incendie mortel : "Papa y'a le feu"

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Incendie mortel : "Papa y'a le feu"
Le sinistre a été circonscrit vers 5h30 jeudi matin.@ EUROPE 1 SEBASTIEN GUYOT
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TÉMOIGNAGES - Les rescapés de l’incendie de l’immeuble, jeudi à Paris, sont sous le choc.

L’incendie qui s’est déclaré dans un immeuble du XXe arrondissement parisien, jeudi vers 3 heures du matin, a fait cinq morts et six blessés graves. Emmitouflés dans des couvertures chauffantes, dans la rue, ceux qui ont pu s’en sortir ont été profondément choqués.

"J’entends une explosion, j'ouvre la fenêtre, je vois le voisin du bas qui sort de l’immeuble par sa fenêtre, il me dit 'y’a le feu", a raconté au micro d'Europe 1, Erkan qui habite au deuxième étage de l'immeuble. "Je vois de la fumée, je commence à crier à ma famille 'levez-vous, il y a le feu !'. Mon père a le réflexe d’ouvrir la porte pour sortir de l’immeuble, mais du coup la fumée rentre dans notre appartement. J'ai commencé à jeter des matelas par la fenêtre, pour que ma mère puisse sauter. Une fois qu’elle l'avait fait, j'ai pris un sac de papiers, avec les passeports notamment, et j’ai sauté aussi".

"La fumée entrait par la porte"

Hassan, qui habite au premier étage de l’immeuble sinistré, a lui aussi échappé aux flammes en sautant par la fenêtre, avec sa famille. "La fumée entrait par la porte. Je ne l’ai pas ouverte", explique-t-il au micro d’Europe 1. Un autre habitant de l’immeuble rescapé, Abdellakim, est également sorti par la fenêtre, lui aussi avec ses enfants. "J’ai été réveillé par mes enfants, ils m’ont dit ‘papa y a le feu’. J’ai appelé la police et les pompiers", débite-t-il à Europe 1, haletant.

Les habitants de l’immeuble d’en face, au n°10, dans la cité du Labyrinthe, n’ont pas été touchés par les flammes. Mais ils sont néanmoins choqués.

"Les flammes sortaient des fenêtres", témoigne Elodie, sur Europe 1 :

Irina, qui vit elle aussi dans l’immeuble d’en face, était toute seule avec son petit enfant lorsque le feu s’est déclaré. Elle s’avoue "impressionnée" et "choquée" : "il y a pas mal de morts".

"Les pompiers ont eu beaucoup de mal", ajoute-t-elle. Le sinistre a en effet eu lieu dans une impasse, "sans bouche à incendie proche", poursuit-elle. "L’immeuble est enclavé au milieu d’une cité, c’était difficile", ajoute de son côté Pascal Le Testu, chef de la communication des pompiers.

Accueillis par cinq assistantes sociales dans une petite salle de la mairie du XXe arrondissement, la plupart des rescapés sont partis en tongs ou avec des espadrilles que les pompiers ont fournies, car beaucoup sont sortis sans rien au moment du drame. La maire d'arrondissement, Frédérique Calandra, a promis que chacun aurait un toit, à l'hôtel ou en hébergement d'urgence.