Ils écoulent 400 fausses bouteilles de Romanée-Conti

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Ils écoulent 400 fausses bouteilles de Romanée-Conti
@ MaxPPP
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Un réseau de contrefaçon du prestigieux vin de Bourgogne a été démantelé en Europe.

L’INFO. C’est un des vins les plus prestigieux et les plus coûteux de France. Deux Italiens sous le coup de mandats d'arrêt européens ont été interpellés en Italie dans le cadre du démantèlement d'une vaste opération de contrefaçon de Romanée-Conti. Au total, le réseau auquel les deux hommes sont suspectés d’appartenir aurait frauduleusement écoulé au moins 400 bouteilles pour une somme avoisinant les deux millions d'euros. 

Des emballages saisis. Les deux Italiens, un père et son fils spécialisés dans le négoce de vins, ont été interpellés le 16 octobre lors d'une opération menée dans plusieurs pays d'Europe. Des emballages similaires à ceux utilisés pour commercialiser les produits contrefaits ont été retrouvés au domicile d’un des suspects, "confirmant les charges" contre eux, a précisé une source judiciaire. La justice française attend désormais "la décision des autorités judiciaires italiennes sur la demande d'extradition des deux suspects vers la France", a fait savoir Marie-Christine Tarrare, procureure de la république de Dijon.

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Une plainte déposée fin 2012. L'enquête avait débuté fin 2012 après le dépôt d'une plainte du domaine vinicole de la Romanée-Conti, à Vosne-Romanée, en Côte-d'Or. Elle signalait la mise sur le marché français et international de bouteilles contrefaites de l'un des plus prestigieux vins de Bourgogne : l'AOC Romanée-Conti.  Ce domaine, sur une parcelle de 1,81 hectare seulement, produit chaque année environ 6.000 bouteilles, vendues via un réseau de distributeurs exclusifs à des prix situés entre 8.000 à 9.000 euros la bouteille.

Une organisation structurée. Rapidement, la section de recherches de Dijon mettait la main en France sur 69 bouteilles contrefaites. L'enquête, avec le soutien de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP), mettait en évidence, début 2013, l'existence d'une organisation structurée. Le 8 mars dernier, le parquet ouvrait une information judiciaire notamment pour escroquerie en bande organisée.

L’enquête se poursuit. Lors de cette opération menée simultanément en Allemagne, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Chypre, une vingtaine de domiciles et d'entrepôts ont ainsi été perquisitionnés et en tout sept personnes ont été interpellées et entendues.  L'enquête se poursuit, "d'autres suspects sont recherchés afin de pouvoir mettre en évidence l'ensemble de la chaîne de contrefaçon", ajoute le procureur, selon lequel "il n'est pas possible pour l'instant de connaître avec précision le nombre de bouteilles contrefaites mises sur le marché et négociées".

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La contrefaçon de vin, comment ça marche ? Laurent Ponsot est vigneron en Bourgogne. Ce professionnel passionné connait bien la contrefaçon de vin. Il a même entrepris une croisade contre les faussaires depuis le jour où il a découvert que l'on proposait, dans une vente aux enchères, un vin de son domaine datant des années 40. Sauf qu'il a commencé à produire son nectar dans les années 80. "La façon la plus simple, c'est d'acheter des lots de très vieilles bouteilles qui n'ont aucune valeur. De les déshabiller, c'est-à-dire de leur enlever l'étiquette et la capsule, et de les ré-habiller avec des étiquettes nouvellement crées. Il suffit ensuite de vieillir artificiellement l'ensemble en mettant une cire qui a l'air d'être vieille aussi. Il s'agit de faire du faux pour une bouteille de vin qui est remplie d'un vrai vieux vin de Bourgogne... mais qui n'a aucune valeur", explique le producteur au micro d'Europe1. "On a retrouvé des recettes qui expliquent comment fabriquer tel millésime de Pétrus, de Clos de La Roche ou de La Tache. Les faussaires mélangent différents types de vins qui viennent de Californie, de Nouvelle-Zélande ou d'ailleurs et puis ils essayent de s'approcher d'un goût qu'aurait un de ces grands crus", assure-t-il. 

Le Romanée-Conti 1945, le Saint-Graal des millésimes. "En 1945, en Bourgogne, il y a eu une gelée au printemps qui a annihilée une grosse partie de la récolte. Je sais qu'il n'y a eu que deux tonneaux de Romanée-Conti produits", confie Laurent Ponsot. "Cela représente l'équivalent de 600 bouteilles. Or, au cour des 25 dernières années, on a trouvé des bouteilles, dont des magnums et des jéroboams qui n'ont jamais été produits, pour l'équivalent d'une dizaine de tonneaux", poursuit-il. "Le Romanée-Conti 1945, c'est le graal. Un grand millésime, mythique. Il s'en est vendu des centaines de fausses et ça continue", précise le vigneron.