Il survit 3h30 dans une mer déchaînée

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Il survit 3h30 dans une mer déchaînée
Le plaisancier, qui faisait partie des cinq membres d'équipage d'un voilier de 18 mètres avait été perdu de vue dans une mer très forte, avec des creux de cinq mètres.@ Maxppp
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Le plaisancier secouru était tombé d'un voilier samedi au large de Cannes.

C'est un véritable miracle qui s'est produit samedi dans les Alpes-Maritimes. Un homme de 46 ans, qui était tombé d'un voilier samedi matin à 60 kilomètres au large de Cannes, sans gilet de sauvetage, a été retrouvé sain et sauf trois heures après sa disparition, a annoncé la préfecture maritime de Méditerranée dans un communiqué.

Des recherches difficiles

C'est en décrochant une voile endommagée que ce plaisancier expérimenté de 46 ans est tombé à l'eau, dans une mer démontée, avec des creux de cinq à huit mètres.  L'homme s'éloignant trop rapidement, il est alors devenu impossible pour les autres passagers du voilier de le récupérer. Ces derniers ont aussitôt prévenu le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage Méditerranée (CROSS-Med), qui a dépêché un hélicoptère de la marine nationale.

"Je me suis dit que j’essaierai d'aller jusqu'à la côte"

L'hélicoptère est passé une première fois au-dessus du naufragé mais sans le voir. "Ce qui a été très dur c'est la première fois où l'hélico est passé mais il ne m'a pas vu. Là, vous perdez espoir. Je me suis dit que j’essaierai d'aller jusqu'à la côte et j'ai pensé à ma famille. Une fois ou deux, je me suis dit que ça ne servait à rien et que je n'y arriverai pas mais je repensais à mes enfants. Ça m'a donné courage", raconte Philippe Crozet sur Europe 1.

Les recherches ont été particulièrement difficiles, confirme à Europe 1, Alexandre Guerois, le copilote de l'engin. "Quand on est arrivé sur zone, on voyait à peine le voilier tellement la mer était agitée. C'est un miraculé", explique-t-il. "On l'a retrouvé en plein milieu de la Méditerranée, sans canot de survie. Il nous a vus passer une première fois, mais on ne l'a absolument pas vu. On est revenu une heure après. C'est vraiment le fait qu'il ait bougé les bras qui a attiré mon attention, et c'est là que je l'ai repéré", ajoute-t-il.

Un sang-froid salvateur

Le naufragé a tenu dans l'eau trois heures et demie, se laissant porter par le courant. C'est son sang-froid qui l'a sauvé, explique à Europe 1, le médecin Dominique Poggi. "La survie estimée est à peu près de deux heures. C'est sans doute son self- control qui lui a permis de résister dans des creux de six à huit mètres, ce qui évite d'avoir des mouvements désordonnés et donc de perdre de l'énergie et de passer plus vite en ", explique-t-elle.

Rapidement transporté à l'hôpital, pour subir des examens, l'état de santé du quadragénaire n'inspire pas d'inquiétude.