Il expulse sa locataire manu militari

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Il expulse sa locataire manu militari
Une locataire d'un logement de la rue du Pont, à la Roche-sur-Yon, s'est fait expulser manu militari par son propriétaire dimanche dernier en Vendée.@ Google Street View
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Un propriétaire a monté une opération commando en Vendée pour déloger sa locataire en règle.

Laurence n'en revient toujours pas. Mère célibataire de 29 ans, elle a été expulsée manu militari de son logement, dimanche dernier, par son propriétaire qui a monté une véritable opération commando pour arriver à ses fins à la Roche-sur-Yon, en Vendée.  Selon Laurence, son propriétaire lui reprochait de ne pas avoir de CDI.

"Mon contrat d'intérimaire ne leur correspondait plus"

La locataire avait pourtant depuis le mois de juillet obtenu un accord oral avec le propriétaire dans le cadre d’un "bail verbal". Début septembre, Laurence avait ainsi emménagé dans sa nouvelle habitation après avoir envoyé à son propriétaire un chèque de 920 euros, équivalent à la caution et au  loyer pour le mois de septembre.

Mais, entre-temps, le propriétaire a changé d’avis et a décidé, à la fin du mois de septembre, de couper l'eau et l'électricité. "Il avait changé d'avis parce que mon contrat d'intérimaire ne leur correspondait plus", affirme la jeune femme au micro d'Europe 1. "Il voulait un CDI", ajoute-t-elle. "Il m'a alors donné un délai de quatre jours pour déménager, chose que je n'ai pas respecté. Et dimanche, ils ont forcé ma porte", raconte-t-elle.

"Ils ont forcé ma porte", explique Laurence :

"J’étais sous la pluie en pyjama"

Pour déloger Laurence, le propriétaire n'a pas lésiné sur les moyens. Accompagné de deux hommes et d’une femme, il a utilisé un pied de biche pour pénétrer dans l’appartement. Après avoir molesté Laurence, ils ont sorti toutes ses affaires sur le trottoir et l’ont laissée à la rue. "J'étais sous la pluie aussi, en pyjama...Ils m'ont fait très très peur", témoigne Laurence au micro d'Europe 1.  "Il pleuvait à torrent, donc toutes mes affaires étaient sous la pluie", déplore la jeune femme.

La scène s'est déroulée sous le regard incrédule de certains voisins. "Moi, ça m'a fait mal", témoigne Colette, une riveraine, au micro d’Europe 1. "Une petite jeune comme ça...Ça ne se fait pas. Ce n'est pas humain. Tout le monde a droit au respect", s'indigne-t-elle.

Au cours de l'opération, Laurence a été frappée. Des blessures qui lui ont valu trois jours d'ITT. La jeune femme n'entend pas en rester là. Elle va porter plainte pour violences volontaires et violation de domicile. Selon le journal Ouest-France, le DAL pourrait se porter partie civile dans cette affaire. De leur côté, les propriétaires n'ont pas souhaité s'exprimer sur cette affaire.