Hautes-Pyrénées : des riverains murent un hôtel transformé en centre d'accueil pour migrants

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Hautes-Pyrénées : des riverains murent un hôtel transformé en centre d'accueil pour migrants
L'hôtel Formule 1 de la ville est destiné à devenir un centre d'accueil et d'hébergement pour des migrants (image d'illustration)@ BORIS HORVAT / AFP
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Quelques dizaines de riverains et commerçants ont construit un mur de 1,80 mètre de haut sur 18 mètres de long sur une parcelle située à l'entrée de l'ancien hôtel Formule 1.

Des riverains ont muré lundi matin l'accès à un hôtel en cours de transformation en centre d'accueil pour migrants près de Tarbes, protestant en particulier contre leur venue dans ce "quartier résidentiel", a appris l'AFP de sources concordantes.

Un mur de 1,80 mètres de haut sur 18 mètre de long. Selon les organisateurs de l'action, quelques dizaines de riverains et commerçants ont construit un mur de 1,80 mètre de haut sur 18 mètres de long sur une parcelle située à l'entrée de l'ancien hôtel Formule 1 de Séméac (Hautes-Pyrénées), où habitent près de 5.000 habitants dans la banlieue de Tarbes. L'action s'est passée "sans incidents", a indiqué la préfecture.

"Nous ne sommes pas contre l'accueil. Il faut faire quelque chose pour ces personnes en difficulté", a expliqué Laurent Teixeira, responsable du Collectif Séméac, qui regroupe les opposants au projet. "Mais il faut prendre également en compte les citoyens", a-t-il ajouté.

L'un des 62 hôtels futurs hébergements de migrants. Cet hôtel Formule 1, appartenant au groupe AccorHotels, fait partie des 62 établissements premier prix de l'enseigne rachetés par la SNI (filiale de la Caisse des Dépôts) pour devenir des structures d'hébergement et d'accueil, gérées par Adoma (ex-Sonacotra). La remise des clefs doit avoir officiellement lieu mardi matin.

Un projet "opaque" selon les riverains. Le collectif proteste en particulier contre la situation de l'hôtel, "dans une zone pavillonnaire", souligne Hugo Lacoue, buraliste à Séméac et membre du collectif. Les opposants dénoncent également "l'opacité" du projet, monté "sans aucune concertation" avec la population locale, et "la précipitation", selon Laurent Teixeira.

"Rien n'est prévu pour la vie au quotidien des migrants et des habitants de la commune et les structures municipales, comme les cantines et écoles, sont sous-dimensionnées", estime-t-il. Selon la préfecture, l'hôtel a une capacité d'accueil de 85 personnes.