Handicapée, elle est jugée dans la rue

  • A
  • A
Handicapée, elle est jugée dans la rue
@ Max PPP
Partagez sur :

Une mère de famille se déplaçant en fauteuil roulant n'a pas pu accéder au tribunal de Briey.

L'audience devait se dérouler à huis clos, elle a finalement eu lieu dans la rue. Une mère de famille se déplaçant en fauteuil roulant n'a pas pu accéder au tribunal de grande instance de Briey, en Meurthe-et-Moselle. Le bâtiment n'étant pas équipé d'une rampe d'accès, l'audience s'est donc déroulée sur le parvis du palais de justice.

Une audience de 10 minutes

"Il y a deux ans, j’étais déjà venue et on m’avait portée", explique Jeanine Mujic qui se bat depuis trois ans pour obtenir la garde de ses enfants. Mais cette fois, la mère de famille espérait bien que le tribunal ait pris les mesures nécessaires pour l'accueillir. Il n'en était rien. "Tout le monde a été très gentil : les vigiles, la greffière, le juge. Mais ils m’ont dit qu’ils n’avaient pas le droit de porter mon fauteuil car en cas d’accident, ils seraient responsables", raconte-t-elle, interrogée par l'Est Républicain.

Les pompiers, appelés en renfort, ont estimé qu'il n'était pas nécessaire de se déplacer puisque la femme n'était pas en danger. Soucieux de trouver une solution, le juge en charge du dossier a décidé alors d'examiner l'affaire devant  les escaliers du tribunal de grande instance. "Il était sincèrement désolé", commente la mère de famille. L'audience, qui s'est déroulée en présence des avocats, de la greffière, de son ex-mari… et des passants, a duré 10 minutes.

"Je ne suis pas un animal"

"Heureusement qu’il n’a pas plu. C’est un scandale. Je ne suis pas un animal !", tempête aujourd'hui cette justiciable. Interrogée par Europe 1, elle ajoute : "Dans la rue, devant tout le monde, je me sentais observée. Je veux dire, c'est ma vie privée. Encore aujourd'hui je suis en colère".

"C’est un bâtiment où l’on rend la justice qui est hors-la-loi ! Le pire, c’est qu’il y a des places de stationnement pour les personnes handicapées mais à quoi ça sert s’il n’y a pas de rampe ?", renchérit une amie venue l'accompagner.

Un constat qui fait écho au rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) publié mercredi. Le document remis au gouvernement confirme que l'objectif d'accessibilité des bâtiments recevant du public aux personnes handicapées au 1er janvier 2015 "ne pourra en aucun cas être tenu". Et la mère de famille de conclure : "J'attends que cela bouge pour les handicapés, qu'il y ait des rampes d'accès dans les endroits publics, je ne veux rien d'autre."