Le parquet de Marseille a décidé d'ouvrir une enquête préliminaire pour "trafic d'influence et recel" visant l'élu PS Jean-Noël Guérini et le patron du Renseignement intérieur Bernard Squarcini, a-t-on appris vendredi de source proche de l'enquête. Le juge Charles Duchaine avait émis une demande de réquisitoire supplétif le 9 février, sur la base de soupçons liés aux conditions d'emploi de Jean-Baptiste Squarcini, fils de Bernard Squarcini, au sein d'une structure dépendant du conseil général des Bouches-du-Rhône, présidé par Jean-Noël Guérini.

L'enquête préliminaire a été confiée aux gendarmes de la section de recherches de Marseille, qui ont entendu dès jeudi de premiers témoins. Parmi ces témoins, figurent d'anciens dirigeants de Treize Développement, la société où Jean-Baptiste Squarcini fut un temps chargé de mission, a indiqué une autre source proche de l'enquête. Les questions ont porté notamment sur la réalité de son emploi et ses conditions de salaires.

Les soupçons de trafic d'influence sont nés de déclarations en garde à vue, en novembre dernier, de l'ancien directeur général de Treize Développement, Jean-Marc Nabitz, mis en examen dans un dossier annexe à la vaste affaire de marchés publics dans le cadre de laquelle M. Guérini est mis en examen. Dans cette audition du 8 novembre 2011, Jean-Marc Nabitz évoquait "les liens étroits qui existaient entre Bernard Squarcini et Jean-Noël Guérini" et affirmait que celui-ci lui aurait donné instruction d'augmenter le salaire de Jean-Baptiste Squarcini, de 1.700 à 3.000 euros. Contacté mardi, Bernard Squarcini n'a pas souhaité s'exprimer.