Grève du zèle dans la justice

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Grève du zèle dans la justice
Le monde judiciaire est appelé à une grève du zèle.@ MAXPPP
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Magistrats, greffiers ou autres avocats sont appelés à dénoncer le manque de moyens du système.

La justice va marcher au ralenti lundi. Les acteurs du système judicaire sont en effet appelés à un mouvement pour dénoncer le manque de moyens et un monde menacé d’asphyxie. Le mot d'ordre émane de 17 organisations professionnelles unies comme rarement. En mars dernier, elles avaient déjà organisé une manifestation en mars dernier contre la "paupérisation" de la justice et le projet de réforme de la procédure pénale.

Les magistrats, greffiers, avocats et fonctionnaires des services judiciaires ont cette fois choisi pour se faire entendre la grève du zèle, qui consiste à appliquer chaque règlement à la lettre, voire avec exagération. L’objectif est de "montrer que lorsqu'on applique la loi, toute la loi, rien que la loi, le système se bloque tout seul", expliquait Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) la semaine dernière.

Audiences limitées à six heures

Les intervenants judiciaires sont donc invités à refuser les audiences menées sans greffier alors qu'il est obligatoire, assurées par un juge unique quand il devrait y en avoir trois, ou s’éternisant parfois jusqu’à des heures avancées de la nuit. Une circulaire dite "Lebranchu", de juin 2001, stipule en effet que les audiences ne doivent pas durer plus de six heures de suite, afin de garantir aux justiciables la même qualité d'écoute de la part des juges.

D'autres actions sont prévues cet automne, notamment dans les établissements pénitentiaires courant octobre. Christophe Régnard, président de l’USM, a prévenu que les syndicats souhaitaient inscrire le mouvement "dans la durée".

La justice française a fonctionné en 2009 avec 6,6 milliards d'euros (2,5% du budget de l'Etat). Le Conseil de l'Europe classe la France au 35e rang sur 43 en termes de budget justice par habitant. Le ministère de la Justice "entend les inquiétudes", a déclaré son porte-parole Guillaume Didier, mais il estime que des efforts sont consentis. Le budget de la justice a été augmenté de 50% entre 2002 et 2010 et 400 postes de magistrats - autant de greffiers - ont été créés depuis 2007, a-t-il souligné.