Gennevilliers : un tract incite à photographier les dealeurs pour les dénoncer

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Gennevilliers : un tract incite à photographier les dealeurs pour les dénoncer
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Sous le titre "Deal safari", ce tract anonyme a été distribué dans les boîtes aux lettres du quartier des Grésillons, dans les Hauts-de-Seine.

Les habitants de Gennevilliers sont appelés à coopérer... contre le trafic de drogue. Un tract anonyme, distribué la semaine dernière dans un quartier de la ville incite les habitants à photographier les trafiquants de drogue pour les dénoncer aux autorités. "Je me méfie beaucoup de tout ce qui est anonyme et du terme safari", a condamné le maire PCF de cette ville populaire des Hauts-de-Seine, près de Paris. Ce dernier redoute en effet "des dérapages et une confusion entre des jeunes discutant avec des amis en bas des immeubles et des trafiquants".

Le "deal safari". Sous le titre "Deal safari", ce tract a été distribué dans les boîtes aux lettres et affiché dans des halls d'immeuble du quartier des Grésillons, a indiqué le maire Patrice Leclerc, confirmant une information du Parisien. Les habitants sont incités à prendre en photo ce qu'ils croient être des dealers en pleine transaction et à envoyer les clichés au commissariat ou au maire.

"Cela doit se faire dans un cadre sain". "Leur désir de tranquillité est justifié, mais les habitants ne sont pas abandonnés par les pouvoirs publics", a insisté l'élu. "Si les habitants donnent des informations à la police, c'est intéressant mais cela doit se faire dans un cadre sain et officiel comme lors d'une rencontre entre police et population", a expliqué le maire, qui envisage la tenue prochainement d'une réunion. Ni le maire, ni le commissariat n'ont reçu à ce jour de clichés de supposés trafiquants.

Les habitants lassés du trafic. Cette opération de dénonciation fait suite à une montée de l'exaspération chez des habitants lassés du trafic de drogue dans leur quartier.  Le maire a expliqué être récemment intervenu auprès du commissariat de police pour lui faire part de cette colère. L'élu avait ensuite répondu aux riverains dans une lettre affichée dans les halls, "demandant à la police d'effectuer des rondes plus fréquentes et d'accentuer la surveillance des lieux de trafic".

Pas une première en France. Ce type d'opération n'est pas une première: des riverains d'un quartier du centre historique de Bordeaux, exaspérés par les nuisances occasionnées par des dealers et leurs clients, avaient lancé en avril 2013 une campagne d'affichage visant à inciter les habitants à les photographier et poster les clichés sur une page Facebook "Deal Safari".