Procès de Collobrières : "On m’a pris ma maman"

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Procès de Collobrières : "On m’a pris ma maman"
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L’émotion s’est emparée de la salle d’audience, jusqu’aux magistrats, mercredi, au procès du meurtrier présumé des deux femmes gendarmes.

En juin 2012, l’adjudant Alicia Champlon, 28 ans, et le maréchal des logis chef Audrey Bertaut, 35 ans, ont été abattues froidement, d’une balle dans la tête, à bout portant.  Abdallah Boumezaar, leur meurtrier présumé, est jugé jusqu’à vendredi devant la cour d'assises du Var à Draguignan. Mercredi a été marquée par le sceau de l’émotion, avec le témoignage des familles à la barre. Une journée très éprouvante, pour l’ensemble de la cour.

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"Il n’y aura plus de bisous". La douleur s’est emparée de toute la salle d’audience mercredi, jusqu’aux magistrats, incapables de retenir leurs larmes. Un jury bouleversé, le président, des avocats, des policiers… Tous, essayaient de masquer leur émotion, sans y parvenir pour autant. Tous regardaient les parents, débout à la barre, dignes mais détruits. Le frère et le père d’Audrey puis Gaël, son mari, venu lire une lettre écrite par Emma, l’une de leurs deux filles.

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Âgée de 14 ans aujourd’hui, l’adolescente raconte avec ses mots, le jour où on lui apprend la mort de sa mère. Ce matin-là, on lui a dit l’horreur : son papa qui l’embrasse et qui tremble, une petite sœur qui ne comprend pas. "Il n’y aura plus de bisous. La vie ne sera plus jamais belle. On m’a pris ma maman", dit la jeune fille dans la voix de son père, qui se brise. Des larmes et des sanglots éclatent dans la salle.  

"Je ne sais pas ce que l’on va devenir sans toi".  Les parents d’Alicia, s’approchent à leur tour tout doucement. "Ce jour-là, c’était la fête des pères… et on me l’a tué", explique Patrick, son papa. Françoise, le visage ravagé par les larmes, lui parle comme si la gendarme était face à elle. "Tu étais ma fille unique, sans toi, ma vie est brisée. Alors s’il te plaît, où que tu sois, aide moi parce que je ne sais pas ce que l’on va devenir sans toi".

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Dans la salle, personne ne parle, ni ne bouge. Personne ne regarde même dans le box, o% Abdallah Boumezaar a baissé la tête.  Le verdict est attendu vendredi soir.