Fraude : faux soins, vraies factures

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Fraude : faux soins, vraies factures
L'infimière multipliait les fraudes et aurait ainsi détourné 700.000 euros en trois ans. Pire, l'escroquerie pourrait être plus antérieure mais les enquêteurs n'ont pu remonter au-delà des trois ans règlementaires.@ MAXPPP
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Une infirmière nordiste est soupçonnée d'avoir escroqué la Sécurité sociale de 700.000 euros.

24 actes de soins pour un seul et même patient en l’espace d’une seule journée, cela attire forcément l’attention des contrôleurs de la Sécurité sociale. Ces derniers ont enquêté et retrouvé la trace d’une infirmière du nord de la France aux pratiques frauduleuses : elle est soupçonnée d’avoir escroqué la Sécurité sociale de 700.000 euros en seulement trois ans.

Cette infirmière installée à Condé-sur-l'Escaut, dans le Nord, a donc été mise en examen mercredi. Déjà poursuivie pour fraude fiscale, elle a été laissée libre sous contrôle judiciaire, assorti d'une série de conditions, telle que l'interdiction d'exercer en tant qu'infirmière, d'entrer en contact avec ses anciens patients ou son comptable.

Une fraude sur tous les plans

Après avoir détecté de nombreuses anomalies dans ses factures de soins, la caisse régionale d'assurance maladie a saisi la justice. L'enquête, entamée en juillet par la police judiciaire de Lille, a montré qu'elle facturait des actes fictifs mais aussi des frais kilométriques indûs, sans oublier des actes médicaux surfacturés et falsifiés.

"Il est apparu que cette infirmière libérale fraudait les différentes caisses de la Sécurité sociale dans des proportions importantes, le préjudice estimé étant de 700.000 euros", a précisé Marie-Madeleine Alliot, procureure de Valenciennes.

Une estimation qui ne porte que sur les trois dernières années en raison des délais de prescription pour de tels méfaits. "Il est possible que les fraudes existaient depuis longtemps", a confirmé la procureure.

Un patrimoine bien réel

Outre ses factures, c’est le patrimoine de cette infirmière qui a attiré l’attention des enquêteurs. En plus de son domicile dans le Valenciennois, cette dernière possédait des biens immobiliers à Bruxelles, dans le sud de la France et à Paris.

L’infirmière possédait également des voitures de grosses cylindrées et des comptes bancaires "bien fournis", dixit les enquêteurs. L'infirmière s'est aussi livrée à "des achats de vêtements de l'ordre de 2.000 euros tous les trois jours", a précisé la procureure de Valenciennes, avant d’ajouter : "nous avons demandé la saisie des biens immobiliers", les comptes bancaires ayant déjà été confisqués.